Vive le Roy

Louis XX : « La tête d’Henri IV est un patrimoine national »

samedi 18 décembre 2010.

Interview du Duc d’Anjou
Avec la confirmation de la découverte, c’est à moi, en tant que chef de la maison des Bourbon, d’établir une relation avec le gouvernement et d’essayer de l’enterrer dans les conditions les plus dignes possibles.

Louis XX

 La 1re République décrète la profanation des tombes royales

En octobre 1793, le conventionnel Bertrand Barère de Vieuzac [1] propose aux députés la profanation des tombeaux royaux de Saint-Denis pour récupérer le plomb des cercueils et le transformer en balles.

Les équipes de M. de Vieuzac commencent bientôt leur besogne sous l’œil des commissaires de la Convention et des délégués de la Commission des arts (sic).

Leur première cible est la tombe du roi Dagobert, puis celle de Clovis, de Charles Martel et d’Hugues Capet dont les restes sont méthodiquement réduits en bouillie.

La Basilique devient, alors, un marché aux reliques royales accompagné de profanations, d’indécences sordides et de rasades roboratives. Cheveux, oreilles, os, dents… L’on se sert !

La dépouille d’Henri IV, bien conservée, est exposée au public pendant deux jours. Puis, le 14 octobre, les restes royaux sont jetés dans des fosses communes creusées à quelques mètres de la nécropole.

 L’histoire incroyable du chef de Henri IV

À la Restauration, Louis XVIII ordonne l’ouverture des charniers de Saint-Denis pour en extraire les corps des rois et des reines et leur redonner une sépulture décente. Selon le procès-verbal d’extraction, trois corps sans tête sont retrouvés parmi les ossements épars.

En 1919, Joseph Émile Bourdais, un modeste brocanteur de Montmartre, achète une tête embaumée aux enchères à l’hôtel Drouot pour trois francs. Cette momie ayant des ressemblances anatomiques avec Henri IV, il va tenter de prouver qu’il avait acheté la tête d’Henri IV. Il meurt en 1947, sans avoir pu confirmer ses intuitions. La tête disparaît pendant plus d’un demi-siècle.

En janvier 2010 [2], Jacques Bellanger, un retraité de 84 ans qui l’a achetée, en 1955, à la sœur de Joseph Bourdais décide, à l’occasion du quatrième centenaire de la mort d’Henri IV, de la confier à deux journalistes, Stéphane Gabet et Pierre Belet, pour que l’énigme soit résolue.

 L’authentification : une aventure scientifique

Les deux journalistes déclenchent une étude scientifique et parviennent à retracer le parcours de la relique et à identifier son probable voleur en 1793.

Sous la coordination du Dr Philippe Charlier, dix-neuf scientifiques ont participé bénévolement à cette étude.

Les correspondances anatomiques, un portrait robot du roi, des travaux de superposition faciale (images du scanner et statues contemporaines) et une datation au carbone 14 ont permis de formellement authentifier la momie.

Outre les deux journalistes susmentionnés, le comité d’authentification était constitué de :
- Mgr le Prince Louis, duc d’Anjou,
- Jean-Pierre Babelon, historien, membre de l’Institut,
- Philippe Charlier, médecin légiste et anatomo-pathologiste,
- Jacques Perrot, conservateur général du patrimoine.

Le propriétaire actuel de la relique a souhaité la transmettre à Mgr le duc d’Anjou afin que « sa famille, la République française et l’Église puissent l’inhumer dignement en la basilique de Saint-Denis ».

Le 16 décembre 2010, lors d’une conférence de presse, Mgr le duc d’Anjou, considérant que la relique était un « patrimoine national », a publiquement accepté la mission.

[1Ancien avocat au Parlement de Toulouse, Bertrand Barère de Vieuzac (1755-1841) était surnommé « l’Anacréon de la guillotine ». Lors du procès de Louis XVI, il s’élève violemment contre les Girondins qui réclament l’appel au peuple. Proscrit sous le Directoire, amnistié sous le Consulat et l’Empire, exilé sous la Restauration, il rentre sous Louis-Philippe et meurt conseiller général à Tarbes.

[2Source Galaxie Presse.


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