Vive le Roy
Unir les peuples de France dans l’amour du Roi
Dernier ajout : 5 février.
Recueil de textes incontournables.
Du gouvernement royal (Chapitres 1-6 ; 15)
Traduction de la partie authentique du De Regno par Claude Roguet avec la collaboration de M. l’abbé Poupon docteur en théologie. Collection : Les maîtres de la politique chrétienne. Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926.
Le droit monarchique, garantie du bien commun
Les lois fondamentales du Royaume de France, constitution non écrite et coutumière, suscitent toujours l’étonnement et l’admiration de ceux qui les découvrent. Elles sont intangibles et obligent le roi lui-même. Le roi n’est pas désigné par les hommes mais par la Loi. Le roi n’est pas propriétaire de la couronne, mais seulement l’usufruitier : il remplit un office. À l’opposé des constitutions modernes artificielles et verbeuses ― car fruits de spéculations idéologiques ― elles apparaissent naturelles par leur genèse quasi empirique. D’une part, elles établissent un État de droit, et d’autre part elles garantissent au mieux le bien commun en conduisant le roi à administrer son royaume en “bon père de famille”.
La monarchie ou l’harmonie sociale
La philosophe Hannah Arendt remarque bien que « l’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté. »(1) Et en effet, dans l’extraordinaire diversité de l’Ancienne France, non seulement le Roi protège les libertés concrètes des corps intermédiaires, mais il est aussi le principe de leur unité harmonieuse. Pour ordonner et diriger chacun vers le bien commun, son autorité est absolue, autrement dit indépendante des intérêts particuliers. Parce que le Roi exerce cette autorité à la manière bienveillante d’un père, il obtient le meilleur de ses sujets et suscite chez eux amour, courage et dévouement.
Les lois fondamentales du Royaume garantes du bien commun
En France, on distingue la personne du roi de la Couronne dont les lois de dévolution sont les garantes du bien commun. La royauté est une charge, un service public, et le roi ― qui remplit donc un office ― n’hérite pas mais « succède ». Le successeur n’est pas désigné de choix humain mais par la Loi qui oblige tant les sujets que le roi lui-même. De par son caractère intangible, cette Loi (les Lois fondamentales du Royaume) était considérée par les Français comme un trésor inestimable, un véritable don du Ciel tant elle assurait son unité au pays en le préservant des luttes pour le pouvoir.
Chapitre VII du livre « Du système de dépopulation ou la vie et les crimes de Carrier »
Fille de la modernité, la bombe droit-de-l’hommique provoque son premier génocide en 1793. Au nom de la liberté et de l’égalité, la Première République invente l’archétype du régime totalitaire : le gouvernement par la terreur. Ivres d’idéologie, des comités bureaucratiques décrètent à demi-mots des “populicides” en prenant soin de ne jamais s’impliquer directement et d’en laisser la responsabilité aux exécutants. Lors de leur procès, ceux-ci rétorquent qu’ils n’ont fait qu’obéir aux ordres. Pour expliquer la similitude frappante entre les procès de Carrier, de Nuremberg, des Khmers Rouges…, il faut lire ce témoignage, d’autant plus accablant qu’il émane d’un révolutionnaire illustre.
Droit divin ou souveraineté populaire ?
En matière de souveraineté, il n’y a d’autre choix qu’entre l’hétéronomie et l’autonomie politique. L’hétéronomie est la reconnaissance d’un ordre extérieur à la volonté humaine et auquel tout homme doit se soumettre. Si en plus, on reconnaît que cet ordre vient d’un Dieu créateur alors on parle de droit divin. La modernité consiste en la négation d’un ordre divin, elle déclare l’homme affranchi de toute loi naturelle à laquelle elle ne croit plus. Désormais, c’est l’homme qui fera la loi sans aucune référence autre que lui-même : le législateur parlera au nom du peuple ou de la nation mais n’imposera en réalité que la logique de son idée, son idéologie.
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 91
À l’opposé des Modernes qui cherchent à soumettre le réel à leur volonté de domination, les Anciens s’appliquent à saisir l’intelligibilité de la création pour se conformer à la volonté de son Auteur. En effet, Dieu gouverne le monde par la loi éternelle qui est Sa volonté. Dans la créature raisonnable, la loi naturelle participe à la loi éternelle car la lumière de notre raison nous fait distinguer le bien et le mal comme une impression de la lumière divine en nous. Pour répondre aux situations particulières, la raison construit les lois humaines à la lumière de la loi naturelle. Enfin la loi éternelle est aussi participée par la loi divine (ou révélée) pour permettre aux créatures raisonnables de s’ordonner vers une fin ultime surnaturelle.
La Révolution, malheur des peuples
En 1978 le grand historien François Furet écrivait déjà : « l’œuvre de Soljenitsyne a posé partout la question du Goulag au plus profond du dessein révolutionnaire ; il est inévitable que l’exemple russe vienne frapper comme un boomerang son “origine” française […] Aujourd’hui le Goulag conduit à repenser la Terreur, en vertu d’une identité dans le projet. Les deux révolutions restent liées. »* C’est donc naturellement qu’en 1993 Soljenitsyne préside l’inauguration du Mémorial de Vendée, sur les lieux même d’un Oradour-sur-Glane jacobin, pour y rappeler la filiation directe des totalitarismes du XXe siècle avec la 1re République populicide.
Sur la nature de la Monarchie de Juillet
Pour légitimer son usurpation de 1830, Louis-Philippe revendique une monarchie populaire par opposition à la traditionnelle monarchie royale. Bonald revient ici sur cette tentative de synthèse entre monarchie et démocratie, et montre combien l’abandon du régime de conseil pour le régime d’opposition est préjudiciable au bien commun. En effet, l’existence d’une opposition constitutionnelle, inhérente au gouvernement représentatif, rend celui-ci impotent tant elle excite l’ambition, exaspère les passions et pervertit jusqu’aux plus vertueux.
De la nullité des renonciations à la couronne, de Philippe V duc d’Anjou, lors du traité d’Utrecht
Au fil de ces quelques pages, le juriste Paul WATRIN dévoile l’harmonie et la beauté du droit monarchique français. On réalise alors le caractère monstrueux des tentatives orléanistes d’usurpation. De même, on comprend en quoi la doctrine maurrassienne, par son nationalisme étriqué, s’attaque au fondement même de l’institution monarchique quand elle invente une pseudo loi de nationalité s’opposant à la loi salique.
Abrégé de subversion par Adrien Loubier
Comment ces étudiants sérieux, après seulement quelques participations aux AG de grévistes, se sont-ils mutés, pour les uns en révolutionnaires hargneux et violents, et pour les autres en couards prêts à toutes les concessions ? Comment cette Conférence des Évêques de France a-t-elle pu déboucher sur des déclarations aussi insipides, consensuelles et pusillanimes ? C’est que ces deux groupes — et tant d’autres avec eux — ont en commun leur mode de fonctionnement en société de pensée. Catholiques, monarchistes et autres défenseurs du droit naturel ! impossible de survivre en démocratie sans s’instruire au préalable de cette technique de subversion de la pensée réaliste.
Ma personne est tout, mon principe n’est rien
Les Orléans ont toujours été dynastes, cependant les Lois Fondamentales du Royaume les placent très loin derrière la branche aînée d’Anjou. Un prince d’Orléans désirant malgré tout satisfaire une ambition royale doit donc renoncer au principe de légitimité pour ne mettre en avant que sa seule personne. Feu le Comte de Paris est l’exemple extrême de cette stratégie préconisée par son aïeul, l’usurpateur Louis-Philippe. L’abandon de la transcendance ― pourtant inhérente à la monarchie ― le condamna tantôt à faire une cour servile au pouvoir en place, tantôt à se prostituer à l’opinion du jour, abdiquant de fait tout courage et tout honneur.
Psychologie du bon dirigeant
Vibrant hommage du socialiste Jean JAURES à l’autorité du bon dirigeant et en particulier à celle du bon patron ! Celui-ci se charge du fardeau des responsabilités dont les autres ne veulent pas, par amour de l’ordre et pour triompher de la fatalité. Mais si sa réussite génère du bien pour tout le monde, elle n’en suscite pas moins de l’envie.
pour une autorité gardienne des libertés
Retrouver l’alliance traditionnelle entre autorité et liberté, décentraliser l’administration, gouverner en s’appuyant sur les vertus au lieu de flatter les passions, et … servir …
D’après Yves-Marie ADELINE
Citation tirée de L’Aube Royale d’Yves Marie ADELINE, Ed. SICRE 1, Square Racan - 75016 PARIS, 1991 p.27-28
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 90
La loi est « une ordonnance de raison en vue du bien commun établie et promulguée par celui qui a charge de la communauté. » Aux antipodes du produit d’une volonté de domination autonome, la loi ainsi définie engage la raison de l’autorité dans sa soumission à un ordre qui n’est pas le sien, c’est l’hétéronomie. En effet, l’autorité politique doit d’abord identifier la fin de la vie humaine, pour ensuite trouver les moyens d’amener ceux dont elle a la charge à réaliser cette fin. Or la fin de l’homme présente un aspect collectif (vivre en Cité), et un aspect individuel (la béatitude céleste) ; magnifique équilibre que les sociétés modernes autonomes recherchent vainement en ne cessant d’osciller entre totalitarisme et individualisme.
ou l’obéissance libre
Dans la cité traditionnelle, le bien commun est réalisé par l’obéissance librement consentie au roi légitime, en ce que lui-même est soumis à un ordre supérieur à toute volonté humaine. Avec la modernité, la volonté de l’homme s’affranchit de tout ordre dont elle n’est pas la source ; aucune limite ne vient donc plus la borner. Aussi, tout pouvoir qui s’exprime au nom de la volonté générale — pouvoir démocratique ou autocratique — est-il potentiellement totalitaire. Pourtant nombre de royalistes et de catholiques, oubliant la légitimité, espèrent restaurer la cité traditionnelle avec les armes de la modernité : les uns par les urnes, les autres par le coup d’état du “bon” dictateur, voire les deux à la fois…
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 93
Oui Dieu a créé tous les êtres avec des natures propres, c’est à dire des lois propres qui leur permettent de réaliser leur fin propre. Oui l’homme est doué d’une raison qui d’une part le rend capable de connaître les lois et la fin de sa nature, et qui d’autre part le laisse libre d’y conformer sa vie − autrement dit de participer ou non à la loi éternelle. Oui la connaissance est bonne car elle participe de la compréhension du monde tel qu’il a été voulu par Dieu et il ne saurait y avoir opposition entre foi et raison. La loi éternelle est donc l’étalon des lois humaines et « Toutes les lois, quelles qu’elles soient, dérivent de la loi éternelle dans la mesure même où elles procèdent de la raison droite. »
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 94
Immuable, la loi naturelle est commune à tous les peuples. Ses préceptes jouent vis-à-vis de l’action humaine le même rôle que les principes premiers vis-à-vis des sciences. Elle est universellement accessible à la raison : « il y a en tout humain une inclination naturelle à agir conformément à sa raison, ce qui est proprement agir selon la vertu. » Lui appartient ce que l’instinct naturel apprend à tous les animaux : l’union du mâle et de la femelle, le soin des petits, la conservation de la vie etc. Lui appartient aussi tout ce qui relève d’un désir conforme à notre nature propre d’être raisonnable : éviter l’ignorance, ne pas nuire au prochain …
Des faits jusqu’au mythe
Les malheurs viennent souvent d’une autorité faible qui n’ose pas s’imposer pour établir la justice. Or les crimes impunis enhardissent les voyous qui terrorisent la population et finissent par régner en maîtres ; ainsi Louis XVI laissa-t-il s’installer l’anarchie dans son Royaume. Brentano revient ici sur ces circonstances qui ont conduit au 14 juillet. « On a dit que la Bastille avait été prise par le peuple de Paris. Le nombre des assiégeants s’éleva à un millier tout au plus, parmi lesquels, comme l’a déjà fait observer Marat, beaucoup de provinciaux et d’étrangers. Quant aux Parisiens, ils étaient, comme toujours, venus en assez grand nombre voir ce qui se passait. »
Légitimité contre légalisme
Les détracteurs du droit naturel ignorent souvent qu’ils s’en prennent aux conceptions modernes de Grotius, Kant ou Taparelli d’Azeglio, très éloignées du droit naturel classique énoncé par Aristote et Thomas d’Aquin. Non déductif mais inductif, le droit naturel s’obtient par la soumission de l’intelligence au réel, par l’observation patiente de la nature dans les modèles justes qu’elle offre. Parce que le juste concret est sa finalité, il confère leur autorité aux lois, mais leur ôte tout caractère absolu : il permet, si nécessaire, de les corriger ou de les atténuer. À ce titre, le droit naturel constitue plus que jamais le remède au légalisme, cette plaie de nos sociétés modernes.
Introduction à la sociologie du phénomène démocratique
Entrer dans une société de pensée suppose d’abdiquer son identité et sa connaissance du vrai pour épouser l’opinion qu’elle élabore et fonde son unité. Cette uniformisation de la pensée octroie à chaque membre le droit de parler au nom du peuple, de la patrie, du prolétariat. En contrepartie, aucune voix divergente n’est tolérée ― elle menacerait l’union ― et tout récalcitrant à la vérité du jour est impitoyablement diabolisé et persécuté. Dans sa forme paroxystique, la société de pensée au pouvoir instaure la Terreur, régime de délation et d’épuration. Mais d’autres méthodes plus anodines caractérisent aussi ces sociétés révolutionnaires. Combien se sont perdus pour les avoir méconnues en recherchant par exemple des unions œcuméniques artificielles aux dépens des principes.
Le droit naturel, trait d’union des peuples
L’effondrement récent des dictatures de quelques États d’Afrique du Nord a suscité d’immenses espoirs pour leurs peuples. Que ceux-ci prennent cependant bien garde de ne point succomber aux pressions démocratiques occidentales. En effet, que les révolutions soient autocratiques ― comme celles d’un Napoléon, d’un Bouteflika ou d’un Moubarak ― ou démocratiques, toutes conduisent à l’obéissance servile, les unes par la violence, les autres par anesthésie. En son temps, Ahmed Atif Efendi ― haut fonctionnaire de l’Empire Ottoman ― avait très bien saisi la véritable nature de la Révolution, et sa remarquable analyse demeure plus que jamais d’actualité.
comment on remplace l’autorité en démocratie
Le détenteur de l’autorité est toujours une personne bien identifiée qui cultive son honneur en agissant par devoir conformément à un ordre transcendant toute volonté humaine. Cette soumission lui attire l’amour de ses subordonnés et le pouvoir moral de les obliger en conscience à travailler pour le bien commun. La démocratie a remplacé l’autorité par deux prédateurs sociaux. L’homme de parti qui pour jouir de la célébrité doit renoncer à l’honneur et au pouvoir : il n’est élu qu’en se soumettant servilement à l’opinion. L’homme de la société de pensée qui jouit avec ivresse de l’immense pouvoir de créer l’opinion en s’exprimant au « nom du peuple », mais dont l’action est lâche et occulte car l’anonymat est la condition de son efficacité.
ou l’archétype du processus révolutionnaire
Ce récit suscitera chez beaucoup un sentiment de déjà vu (une grève qui dégénère par exemple). Le schéma est toujours le même : par faiblesse ou par crainte de provocation, une autorité qui doute d’elle même laisse le champ libre à une minorité révolutionnaire décidée et préparée. Alors le chaos s’instaure, aucune institution ne protège plus personne, on est livré à des prédateurs qui prétendent parler au nom du peuple mais qui ne représentent qu’eux-mêmes et sèment la terreur.
La religion de la « volonté générale » de Jean-Jacques ROUSSEAU
Démonstration magistrale de Cochin qui dévoile dans le Contrat social le germe de tous les totalitarismes. La démocratie rousseauiste est calquée sur le catholicisme par son caractère religieux et universel, mais lui est symétrique et opposée.
Communisme et capitalisme, frères ennemis mais frères
Devant la prestigieuse assemblée des enseignants de Harvard, le Prix Nobel rescapé du Goulag soutient que les sociétés soviétique et occidentale moderne ne diffèrent pas de nature. Toutes deux se fondent sur l’autonomie de l’homme par rapport à Dieu et ambitionnent de réaliser son bonheur par le seul changement de système social. Toutes deux génèrent une “pensée unique”, l’une du Parti, l’autre de l’opinion. De la société communiste sans loi, l’Occident se distingue par son détestable légalisme source d’égoïsme et de lâcheté. Non, pas de progrès de l’homme sans prise en compte de sa dimension spirituelle.
ou la nature de la monarchie
Les parlements sont des cours de justice fondées par Philippe le Bel pour conseiller le roi et l’aider à rendre justice. Au XVIIIe siècle, les parlements, imbus des idées nouvelles et jaloux de leurs privilèges, prétendent constituer un corps unique, indépendant du souverain et seul vrai représentant des intérêts de la nation. De régime de conseil, la monarchie menace de dériver vers un régime d’opposition. Las de ces prétentions, des grèves et des obstructions permanentes des magistrats à sa politique de réformes, Louis XV a recours à un lit de justice. Le souverain y réaffirme les principes de la monarchie absolue de droit divin : son hétéronomie et l’unité fondamentale du roi et de son peuple.
Le droit divin est synonyme de droit légitime
On entend beaucoup de contre-sens au sujet de l’expression monarchie de droit divin, Mgr de SÉGUR précise fort heureusement cette notion finalement très naturelle. Il stigmatise en particulier cette interprétation erronée du droit divin qui consiste à attendre que Dieu en personne (ou un de Ses anges) vienne désigner le roi.
ou la mécanique de la Terreur
Dans le gouvernement révolutionnaire de 1793, Cochin dévoile l’action et les méthodes des sociétés de pensée. Il montre comment la bureaucratie y remplace l’autorité et impose un ordre nouveau dans lequel toute spontanéité est étouffée : l’ordre totalitaire. Une obéissance servile est obtenue par la peur de la délation du voisin de tout propos qui pourrait nous singulariser de l’opinion. Cette opinion, élaborée artificiellement dans les sociétés de pensée, constitue la “police de la pensée” et le principe d’unité du régime. Du passé ? Notre démocratie n’a-t-elle pas hérité de la Première République son caractère bureaucratique et son gouvernement par l’opinion ?
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