Été 2018 : Les combats de Louis XX pour l’unité nationale et la famille Un enseignement cohérent

, par  MabBlavet

En tant qu’aîné de la Maison de Bourbon, les Lois fondamentales du Royaume de France désignent le Duc d’Anjou comme successeur de nos rois. Et il faut reconnaître que Louis XX prend à cœur ce rôle et ses devoirs. En effet, il s’est engagé cet été dans plusieurs manifestations, dont certaines à rebours de la pensée unique.

  • 6 juillet 2018 : Commémoration du rétablissement, près du Pont-Neuf à Paris, de la fameuse statue du roi Henri IV, artisan de la réconciliation nationale après les Guerres de religion.
  • 15 juillet 2018 : Pèlerinage à la Valle de los Caïdos en Espagne, pour s’opposer au projet du gouvernement socialiste espagnol de retirer les cendres de Franco de ce monument qui pourtant célèbre la réconciliation nationale après la Guerre d’Espagne.
  • 15 septembre 2018 : Congrès Mondial pour la famille, famille dont on sait les terribles persécutions que lui infligent les législations modernes.
    Ces évènements sont autant d’occasions pour Louis de Bourbon de dispenser des enseignements qui réunis, constituent un véritable projet de société fondé sur sur la tradition monarchique et la loi naturelle.

 Le 6 juillet 2018 : Louis XX célèbre la réconciliation nationale à l’issue des Guerres de religions

Rappel historique sur les Guerres de religions

Le 1er août 1589 le roi Henri III est assassiné. Son successeur désigné par les Lois fondamentales du Royaume [1] est un très lointain cousin du roi défunt : il s’agit du roi de Navarre Henri de Bourbon, soit un étranger si on utilise les critères modernes de nationalité.
La difficulté dynastique ne réside pourtant pas là, car Henri de Navarre est prince de sang de France (nos aïeux n’étaient pas encore intoxiqués par le nationalisme). Un problème plus grave perturbe la succession : le futur Henri IV est huguenot, autrement-dit de religion protestante. Or, si elle n’a pas été encore explicitée, la loi fondamentale de catholicité est un principe tacite de la Monarchie française. En effet, lors de la cérémonie du sacre, d’une part le roi reçoit l’onction de l’évêque de Reims qui lui confère le statut d’« évêque du dehors », et d’autre part, celui-ci doit prêter serment de soutenir et défendre l’Église. Autant de rites, de serments et de titres impossibles à envisager pour un membre de la religion réformée. Le contexte est critique, car les Guerres de religion mettent le Royaume à feu et à sang, et Henri de Navarre est le chef du parti huguenot.
La Providence met fin à cette guerre civile atroce par sa conversion au catholicisme.
Dans un souci de réconciliation nationale, le nouveau roi décrète l’amnistie des crimes commis de part et d’autre, et la défense absolue d’y faire la moindre référence. Cette initiative — qui est l’exact opposé du moderne « devoir de mémoire » — porte immédiatement ses fruits et cèle l’unité du Pays dans le pardon des offenses. Aussi le roi Henri IV jouit-il immédiatement d’une popularité extraordinaire que les siècles lui ont conservée.

En hommage au grand Roi, et pour célébrer l’unité retrouvée, une statue est érigée en 1614, place Dauphine à Paris. Cet ouvrage, au combien symbolique du bien commun, sera abattu lors de la folie destructrice, génocidaire [2] et iconoclaste de la Révolution française de 1789.
En 1818, avec la restauration de la Monarchie, une nouvelle statue équestre de Henri IV est érigée au Pont Neuf, derrière la Place Dauphine : c’est le monument actuel.

Le contexte

Le 6 juillet 2018 voit ainsi le bicentenaire du rétablissement de cette fameuse statue aimée des Parisiens. C’est donc tout naturellement que le Maire du 1er arrondissement de Paris invite l’Aîné de la Maison de Bourbon aux cérémonies qui marquent l’anniversaire de l‘événement.

Les déclarations du Prince

Lors de son allocution au pied de la statue, le successeur des rois de France s’inscrit clairement dans le sillage de Henri IV dont il célèbre la politique et la combativité pour établir la paix et l’unité.

Ce geste prouvait la fidélité du Roi et de la Ville de Paris qui avait commandé la statue en 1605, mais surtout ce rétablissement rappelait qu’en politique tout est possible. Ce que certains détruisent, d’autres le restaurent dès lors qu’ils ont foi en ce qu’ils font et en leur mission. N’est-ce pas là quelque chose de toujours actuel. […] Grand dans la Paix (Henri IV) il le fut aussi dans la guerre. Chef vaillant et audacieux il savait que la paix et la sécurité des peuples ne s’obtiennent que si l’on maintient la garde haute. Pas de faiblesse pour les ennemis, car sinon c’est le peuple qui souffre !

C’est par là aussi que le roi est grand et le demeure dans la mémoire collective.

La gerbe que nous allons déposer au pied de sa statue est, ainsi, triplement symbolique : elle honore le roi, elle rend hommage à son héritier direct le roi Louis XVIII, elle permet de se souvenir que notre avenir s’écrit à travers la mémoire collective d’un peuple qui en honorant ses grands hommes et leurs vertus, témoigne de son espoir pour demain [3].

Ainsi dans notre France dépressive, malade d’une République qui l’écartèle entre les idéologies libérale, socialiste ou nationaliste, et qui la pulvérise en communautés étanches, dans ce pays au bout du rouleau, le roi désigné par les Lois fondamentales du Royaume apporte un fort message de paix, d’unité et de réconciliation nationale. Louis XX présente un projet fondé sur les valeurs traditionnelles, celles-là mêmes qui permettent l’édification des civilisations et assurent leur pérennité : le pardon, l’oubli des offenses et des injustices même. Saint Thomas d’Aquin ne dit-il pas dans son Commentaire de L’Éthique à Nicomaque d’Aristote :

[Aristote dit] que c’est par l’amitié que paraissent se conserver les cités. Aussi les législateurs s’efforcent davantage de conserver l’amitié entre les citoyens que même la justice, qu’ils omettent parfois, par exemple, pour les châtiments à infliger, pour que ne surgisse pas de dissension. Ceci appert du fait que la concorde s’assimile à l’amitié. C’est elle, certes, la concorde, que les législateurs désirent le plus, et c’est la dissension des citoyens qu’ils repoussent le plus, comme ennemie du salut de la cité [4].

 Le 15 juillet 2018 : Louis XX célèbre la réconciliation nationale à l’issue de la Guerre civile espagnole

Rappel historique

Dans l’Espagne du roi Alphonse XIII, les élections municipales du 12 avril 1931 voient se dégager une majorité antimonarchistes dans plusieurs grandes villes.
Alors même que les résultats de l’Espagne rurale — majoritaire et traditionnellement monarchiste — ne sont pas connus, la Seconde République espagnole est proclamée le 14 avril 1931 ; coup d’État qui contraint le Roi à s’exiler.
Comme dans toutes les révolutions, les putschistes sont immédiatement contestés par des révolutionnaires encore plus radicaux, et le pays s’enfonce alors dans la spirale infernale des grèves et des représailles. Le champ politique devient le terrain d’affrontement des idéologies libérale, socialiste, communiste, anarchiste et fasciste. Pour imposer leur vision de l’humanité, celles-ci se nourrissent de la peur, de l’instrumentalisation des mécontentements — parfois légitimes — et de l’exacerbation des passions, sans aucun souci de paix et de bien commun.
Ces terribles années, on assiste à un essor du mouvement révolutionnaire fasciste qui emporte la majorité relative à plusieurs élections. Craignant l’établissement d’une dictature fasciste, soudainement les partis de gauche ne sont plus démocrates : ils choisissent la stratégie de l’affrontement avec force grèves générales et occupation de la rue par les milices. Ces dernières s’illustrent par des assassinats de civils, et en particulier d’innombrables prêtres, religieux et religieuses, jusqu’aux jeunes filles coupables d’appartenir à des mouvements catholiques. En réaction, des milices monarchiste (les Requêtes carlistes) et fasciste (la Phalange) s’organisent séparément. Après tant de crimes, le cycle des représailles est inévitable : l’ordre public n’est plus assuré et l’État impuissant. Désormais deux Espagne(s) se font face, qui se haïssent, et sont séparées par une rivière de sang.
Aux élections de février 1936, sur fond d’abstention massive et de violences, grâce à une fraude importante les partis socialistes, communistes et anarchistes — rassemblés en un Front populaire — obtiennent une très courte majorité relative (34,3 % des voix contre 33,2 % pour la coalition centre-fasciste).
Le 13 juillet 1936, l’assassinat du monarchiste Calvo Sotelo met le feu aux poudres. C’en est trop ! des généraux Sanjurjo, Mola, Goded, Fanjul, et plus en retrait, Franco, se rebellent. Non sans difficultés, ils rallient les Requêtes carlistes et la Phalange, ainsi que deux généraux républicains Gonzalo Queipo de Llano et Niceto Alcala Zamora.
Le soulèvement débute le 17 juillet au Maroc espagnol où Franco prend le commandement des troupes et essaye désormais d’établir la jonction avec les forces carlistes qui contrôlent le Nord de l’Espagne. La guerre s’engage et s’internationalise :

  • les Républicains reçoivent de l’aide matérielle de l’Union soviétique et une aide numérique grâce aux Brigades internationales.
  • les « Nationaux » reçoivent une aide matérielle de l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie.

Notons que cette aide est acceptée par les Nationaux de façon purement opportuniste, et elle ne sera suivie d’aucun engagement dans la 2e Guerre mondiale. En effet durant ce dernier conflit, l’Espagne de Franco victorieux restera neutre et ne songera qu’à panser ses plaies. Pareille attitude exaspérera un Hitler révolutionnaire qui fulmine le 7 juin 1942 :

il s’agira de liquider ce régime soumis aux curés […] Les curés et les monarchistes — les mêmes ennemis mortels de notre propre soulèvement national — se sont ligués pour s’assurer le pouvoir. Si une nouvelle guerre civile devait éclater en Espagne, il ne faudrait pas s’étonner que les Phalangistes fussent obligés de faire cause commune avec les Rouges — afin de mettre au pas la réaction [5].

Les historiens s’accordent sur le fait que Franco n’appartient ni à la Phalange fasciste (qu’il s’ingéniera à rendre inoffensive) ni aux Requêtes carlistes monarchistes : il ne noue avec eux qu’une alliance conjoncturelle. Dans un premier temps républicain — ne termine-t-il pas son discours du 21 juillet 1936 par « vive l’Espagne et vive la République ! » —, ce militaire soucieux de restaurer l’unité de son pays, n’entreverra de solution à long terme que dans le rétablissement de la Monarchie.

Malheureusement, si la guerre prend fin le 1er avril 1939, les représailles contre les vaincus perdureront longtemps avec leur cortège d’exécutions sans jugement, ce qui flétrira durablement l’aura du général Franco victorieux.
Dans une vision prophétique, Bernanos résume ainsi l’horreur de la guerre civile nourrie par les idéologies et l’étranger, telle qu’il l’a vécue dans les rangs des Républicains :

La tragédie espagnole est un charnier. Toutes les erreurs dont l’Europe achève de mourir et qu’elle essaie de dégorger dans d’effroyables convulsions viennent y pourrir ensemble… Un tel cloaque, image de ce que sera demain le monde [6]

Le général Franco n’était certainement pas sans reproches, mais ce qui est sûr, c’est qu’au regard des événements, il a compris ce qui fait un pays. Il a compris qu’une dictature militaire interdisant les partis empreints d’idéologies ennemies et diviseurs, n’est qu’une digue, un artifice passager pour empêcher les gens de s’étriper. En effet, le Caudillo savait l’extrême faiblesse institutionnelle de son régime qui ne pouvait survivre à sa mort. Logiquement, il a restauré le seul régime politique naturel susceptible de pérenniser l’Espagne malgré ses plaies, le seul capable d’éviter le bain de sang de l’affrontement idéologique, le seul en mesure de réaliser l’unité dans l’amour, celui du Roi. Aussi, voyant venir sa fin, a-t-il restauré la Monarchie en la personne du roi Juan Carlos. Célébrons la mémoire de Franco pour cet acte, même si le roi désigné ne s’en est pas montré digne en abandonnant le régime proprement monarchique de conseil pour celui démocratique d’opposition et de divisions idéologiques [7].

Après une guerre civile, la seule solution est l’oubli imposé des offenses, des crimes et des horreurs. En effet, dans les moments de désordre, l’homme se révèle pire qu’une bête : n’est-il pas un animal politique ? Sans une autorité politique, que lui reste-t-il en propre ? Les passions se déchaînent et chacun est soumis à la loi du plus fort immédiat. Tout à l’opposé, la bonne attitude consiste en la célébration des belles actions et des belles figures dans un camp ou dans l’autre, afin que les générations futures s’approprient ce qu’il y a de mieux dans l’humanité pour continuer l’édification du Pays.
Voilà pourquoi les légitimistes français revendiquent l’héritage, à la fois de leurs frères carlistes, mais aussi ceux de Bernanos ou de la philosophe Simone Weil (au moins en partie), qui se trouvaient pourtant dans les Brigades internationales aux cotés des Républicains lors de cette guerre épouvantable.

Le contexte

De plus en plus limités dans leurs pouvoirs régaliens par l’Europe, les gouvernements nationaux s’efforcent de donner aux électeurs l’illusion de leur puissance en axant leurs politiques sur le plan sociétal et symbolique. Aussi le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez — sans majorité au Parlement espagnol — espère-t-il s’étoffer et susciter une mobilisation autour de lui en déterrant les vieilles rancunes : translater les cendres de Franco de la Valle de los Caïdos, ce sanctuaire où reposent 35000 combattants des deux camps. En effet le roi Juan Carlos avait souhaité y enterrer aussi le Caudillo pour tourner symboliquement et une fois pour toute la page de cet épisode tragique de l’histoire espagnole. Ainsi le gouvernement actuel de Madrid est-il prêt à prendre le risque de ranimer les braises de la Guerre civile à seule fin d’asseoir son idéologie, montrant par là à tous l’intérêt qu’il porte au bien commun et à sa condition indispensable : l’unité.

Un pèlerinage national pour s’opposer au projet du gouvernement

Le 15 juillet 2018, Louis XX — qui est aussi l’arrière petit fils du Général Franco — répond à l’appel du Mouvement pour l’Espagne en participant avec plusieurs milliers de personnes à une manifestation contre l’exhumation de la dépouille de son aïeul.
Cette association avait en effet appelé à un « pèlerinage national » contre l’exhumation et à une messe dans la basilique del Valle pour défendre le fait que le franquisme « n’est pas résiduel » et que « la moitié de l’Espagne ne veut pas que Franco soit exhumé ni que la Valle de los Caidos soit profanée et volée. »
Évidemment, ce type de manifestation ouverte attire une foule bigarrée souhaitant défendre l’Espagne contre sa disparition dans le magma informe et délétère de l’Union européenne. Aussi en tant que légitimistes français ne peut-on que déplorer la confusion engendrée par la présence en même lieu de Louis XX avec les bras tendus en salut fasciste des nostalgiques de la Phalange, celle-là même que Franco avait réussi à dompter et à rendre inoffensive.

Les déclarations du Prince

Les déclarations que le Prince fait aux journalistes lèvent cependant toute ambiguïté :

Je suis venu pour prier pour l’Espagne et rendre hommage à ceux qui sont morts pendant la guerre civile. Pour cette raison, je viens sans tendance politique, seulement pour défendre ce monument, qui est un monument chrétien [8].
La Vallée des morts est un monument de réconciliation et de prière. Dimanche dernier, nous avons répondu en famille à un appel qui semblait très opportun, de prier pour l’avenir et l’unité de l’Espagne. Je voulais emmener mes enfants, à qui j’essaie d’inculquer les valeurs auxquelles je crois et qui m’ont été transmises. De même, des milliers de personnes venues de toute l’Espagne, y compris de l’étranger, ont prié pour la paix, la réconciliation et le respect entre les Espagnols [9].
Cette immense Croix représente la réconciliation des deux Espagnes. Il n’y avait qu’une Espagne qui a progressé avec bonheur, fière de son passé et pleine d’espoir pour son avenir. Mais le ressentiment nous conduit encore une fois à éveiller les haines rances. L’histoire condamnera celui qui profanera ce grand Temple, non pas à cause de la taille de la croix, mais à cause de l’étreinte fraternelle qu’elle représente, accueillant sous ses bras un seul peuple réconcilié. Il n’y a pas d’autre chemin et nos parents le savaient [10].

Notons que le Duc d’Anjou était le seul membre de la famille royale à cette manifestation et Juan Carlos ne s’est même pas manifesté, or c’est pourtant à Franco que ce dernier doit sa couronne. En effet, contrevenant à la coutume qui désignait le prince Alphonse — père de Louis XX — comme roi d’Espagne, le Caudillo lui a préféré Juan Carlos.
Cette décision a surpris nombre d’Espagnols, et il n’est pas surprenant d’entendre la foule du 15 juillet crier à Louis XX : « Eres nuestro rei » (Vous êtes notre roi !)
Les précisions ci-dessus expliquent sans doute le silence d’un Juan Carlos plus enclin à revendiquer une légitimité pour avoir instauré un gouvernement démocratique, que de la reconnaître comme le choix personnel du vieux dictateur.

 Le 15 septembre 2018 : Louis XX au Congrès Mondial pour la famille

L’engagement du Duc d’Anjou en faveur de la famille est bien connu et lui vaut d’être invité à cette manifestation mondiale qui s’est tenue cette année en Moldavie. S’opposant aux idéologies du genre, à la culture de mort et à la conception artificielle de la vie, il défend la famille traditionnelle, naturellement fondée sur l’union d’un papa et d’une maman.

Il faut connaître les manières de résister face aux attaques auxquelles la famille traditionnelle est confrontée. Elles sont multiples : accueil d’une famille nombreuse, prière, action politique, sociale ou juridique, et toujours attention et vigilance permanentes. Il n’est pas exagéré de dire que les familles, dans bien des pays, doivent s’affirmer en résistant aux nombreuses mesures insidieuses qui cherchent à les affaiblir. Des congrès comme celui-ci contribuent à cet esprit de résistance, en facilitant les échanges et les partages de connaissances. Ensemble, il est plus facile de discerner les enjeux et les risques et de réfléchir aux moyens de remédier à cette situation qui, si elle devait continuer, n’amènerait qu’à la ruine de la société, voire à celle de la Civilisation.

La question de la défense de la famille est d’une extrême gravité tant elle touche à l’essentiel. La famille par la transmission naturelle de génération en génération, est intrinsèquement liée à la vie, et l’attaquer mène à des attitudes mortifères. L’une ne peut aller sans l’autre, même si, de nos jours, certains voudraient nous égarer dans d’autres voies telles que la théorie du genre ou les méthodes contre-nature comme la gestation pour autrui, que l’on réduit souvent à ses initiales, GPA, cherchant à cacher l’horreur de la pratique que les mots évoquent. L’avenir ne se trouve pas là. Bien au contraire ! Nier la famille naturelle, c’est nier la vie [11].

Dans ce même discours, il rappelle que si la Monarchie française — dont il revendique l’héritage — constitue un modèle de civilisation, c’est précisément parce qu’elle s’est construite comme une extension de la famille royale et sur le modèle familial.

[…] en tant que Chef de la Maison de Bourbon, je me trouve héritier d’une famille qui a régné durant plus de 800 ans en France et qui, surtout, comme tous les historiens le reconnaissent, a fait d’un petit domaine un état puissant et rayonnant en Europe et au-delà.

Cette œuvre a été possible parce qu’elle fut celle d’une famille, la famille royale, Ainsi, les Lois fondamentales du royaume, la Constitution de l’époque, qui ont permis son développement, étaient à l’origine une loi de famille. Pour le plus grand bien collectif, ces lois organisaient la transmission du pouvoir royal de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Elles garantissaient ainsi la stabilité du pouvoir et assuraient une dynastie nationale. Tel est le « miracle capétien ». Loi de famille mais tout autant loi sociale puisqu’elle était basée sur un ordre et qu’il en résultait des hiérarchies naturelles entre les personnes. Si toutes n’avaient pas les mêmes devoirs, toutes devaient concourir au Bien commun. L’aîné des mâles avait le devoir d’assurer la permanence de l’État, rôle principal de la fonction royale, mais les autres membres de la famille y concouraient que ce soit en étant héritier de droit, fonction du Dauphin ; en assumant la régence en cas de minorité du titulaire légitime, rôle souvent des mères ou des oncles ; ou en acceptant différentes fonctions pour les princes et princesses pourvus de charges de pouvoir… Cette manière de concevoir le pouvoir des dynasties n’est pas révolue. Dans les familles royales qui subsistent en Europe, dès leur plus jeune âge, les enfants et petits-enfants, les frères et sœurs participent à la fonction royale. Comment ne pas exprimer mieux, par cette pratique, combien le roi et sa famille sont au service de la société.

Au-delà, le roi, Chef de famille, symbolisait aussi l’unité de la société en étant le modèle de toutes les familles. Le lien qui unissait les Français entre eux était, avant tout, un lien de famille allant du plus humble jusqu’au roi. Ainsi loin d’être un objet de droit, chaque français était avant tout un sujet, c’est à dire une personne aux droits inaliénables. Ce lien entre le corps social et la tête manque actuellement. Ce lien organique est peut-être l’élément le plus important que la dynastie, la famille royale, a pu apporter. Ces principes furent compris, vécus et admis dès le grand Louis IX dont l’Église a fait un saint à la fin du XIIIe siècle. Ils n’ont pas varié durant des siècles car ils donnaient du sens à la vie en société, cette dernière étant bien plus qu’un ensemble d’individus tenus par des lois et de règlements mais une réelle communauté engagée par un même destin collectif. Voilà pourquoi la France ne fut pas seulement une réussite politique interne, mais avant tout un modèle de civilisation à partager. Et je le dis même pour aujourd’hui alors que notre pays semble parfois oublieux de ses grands principes, au point d’en renier certains, mais, voyez-vous, la force des principes est qu’ils demeurent contre vents et marées. Alors je préfère dire qu’ils sont en sommeil ! Comme l’exprimait déjà le Comte de Chambord, la France, peut renouer, du jour au lendemain avec ce qui demeure la force de la civilisation dont elle est porteuse qui repose sur le bien commun. Fruit du double héritage gréco-romain et chrétien, il passe par le statut donné à l’être humain qui trouve d’abord à s’épanouir au sein de la famille [12].

 Conclusion

Le Duc d’Anjou est sur tous les fronts et montre l’exemple en assumant avec détermination tous ses devoirs :

  • son devoir de citoyen en faveur de l’unité de ses pays : la France et l’Espagne. Ne possède-t-il pas la double nationalité ? Pour cela, il n’hésite pas à s’exposer à la malveillance des médias asservis aux oligarchies financières et idéologiques.
  • son devoir filial qui est d’honorer ses parents et ses ancêtres dans leurs bonnes actions.
  • son devoir d’homme, de mari et de père pour défendre haut et fort cette famille naturelle si attaquée par les idéologies. En ces temps où même le Pape et les évêques n’osent plus élever la voix pour défendre la famille naturelle et la vie, Louis de Bourbon continue contre vents et marées de témoigner, bravant cette pensée unique et tyrannique de la culture de mort : l’avortement, l’euthanasie, la PMA qui ne peut se pratiquer qu’au prix du meurtre de multiples embryons, la GPA qui commercialise le ventre des femmes…
  • son devoir de successeur des rois de France, charge qu’il revendique clairement. Or, en ce contexte si peu favorable, qui suscite tant de haine pour tout ce qui présente le moindre aspect traditionnel, il lui serait tellement plus simple d’oublier le bien commun pour vivre paisiblement entouré de sa femme et de ses enfants…

Le voilà donc ce prince courageux, qui par devoir s’expose au lynchage des médias gardiens de la pensée unique, de ce « progressisme » destructeur de peuples. Pareillement, il passe outre les railleries des nationalistes sur son accent espagnol : les mêmes se seraient moqués de celui très prononcé de Henri IV, ce roi étranger (Royaume de Navarre), et qui plus est protestant.
Il donne enfin une leçon d’honneur et terrorise par ses positions la clique fossilisée et inféconde des légitimistes libéraux, mondains et courtisans — ceux-là mêmes qui espéraient instrumentaliser le Roi pour leurs ambitions personnelles. Nous sommes maintenant bien curieux de compter combien le suivront, combien oseront affronter le politiquement correct pour défendre et accompagner le Roi dans ses combats.

Au contraire, les chouans de tout poil — et en particulier les chouans de l’UCLF — se réjouiront. Non seulement ils n’ont pas les états d’âme des salons mondains, mais ils sont rompus au combat des idées, et le Prince pourra toujours compter sur eux dans ses campagnes légitimes. Plus généralement, il propose aux Français un espoir, un avenir, mieux : une épopée, une geste dont chacun d’entre nous peut choisir d’être acteur avec lui…

Soutenons donc notre Roi par nos prières, par nos témoignages d’amitié sur ses pages dans les réseaux sociaux, faisons le connaître inlassablement. Surtout, travaillons, étudions pour pouvoir témoigner de la beauté de la Monarchie traditionnelle au sein d’un cercle légitimiste afin de combattre efficacement…

Debout les braves ! Debout les peuples de France ! Car « le Roi se combat ! »