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Extraits de « La tradition monarchique » de Paul WATRIN (1876-1950)

De la nullité des renonciations à la couronne, de Philippe V duc d’Anjou, lors du traité d’Utrecht

lundi 6 octobre 2008, par MabBlavet Enregistrer au format PDF

Au fil de ces quelques pages, le juriste Paul WATRIN dévoile l’harmonie et la beauté du droit monarchique français. On réalise alors le caractère monstrueux des tentatives orléanistes d’usurpation. De même, on comprend en quoi la doctrine maurrassienne, par son nationalisme étriqué, s’attaque au fondement même de l’institution monarchique quand elle invente une pseudo loi de nationalité s’opposant à la loi salique.

 Introduction de Vive Le Roy

La version originale de La Tradition Monarchique, qui date de 1916, a marqué le départ de nombreuses recherches universitaires sur le sujet. En 1983 la maison d’édition Diffusion Université Culture en a proposé une réédition commentée et complétée par Guy AUGÉ, grand expert de la pensée légitimiste.

AVERTISSEMENTS :

La rédaction de VLR a pris la liberté de transformer et d’ajouter des titres et des sous-titres à l’œuvre originale, afin d’en faciliter la lecture en ligne.

Certains passages signalés par Guy AUGÉ comme non conformes à l’authentique esprit légitimiste, ont été supprimés. En effet, sans démériter, le travail de Paul WATRIN comprend quelques faiblesses tant il est vrai qu’il est difficile de se dégager de l’esprit de son temps :

  • erreurs sur l’origine de l’autorité royale, sur les notions d’absolutisme et de Droit Divin.
  • influence du positivisme.
  • influences des idéologies nationalistes et libérales…

Une phrase comme : « La Royauté avait son principe en Dieu car l’homme libre n’a aucune raison d’obéir à l’homme si Dieu n’est pas la source du pouvoir. » montre que WATRIN peine à s’extraire de la problématique libérale. En effet, pour lui, le point de départ de la réflexion politique est le dogme de la liberté de l’individu, alors que traditionnellement il s’agit du constat de la nature d’animal politique de l’homme.

Et Guy AUGÉ de commenter : « c’est la prémisse qui est contestable et fallacieuse, sous les apparences d’une fausse évidence. En partant de l’individu, en raisonnant à la manière des nominalistes modernes, on s’expose à des solutions “artificialistes” du problème de l’autorité dans la société politique, et de l’origine de cette société politique elle-même. »

Il reste que l’excellent argumentaire juridique de La Tradition Monarchique constitue un passage obligé dans toute formation légitimiste.


 Contexte des renonciations de Philippe V, duc d’Anjou à la couronne de France.

Le mardi 16 novembre 1700, à Versailles, le roi Louis XIV, au sortir de son lever, faisait entrer le marquis de Gastel-dos-Rios, ambassadeur d’Espagne, dans son cabinet, et, lui présentant son petit-fils le duc d’Anjou, lui disait qu’il pouvait le saluer comme son roi. Tout aussitôt, il donnait l’ordre de faire entrer toute la cour et passant les yeux sur la nombreuse compagnie qui se pressait là :« Messieurs, dit-il, voilà le roi d’Espagne. La naissance l’appelait à cette couronne, le feu roi aussi par son testament, toute la nation l’a souhaité et me l’a demandé instamment ; c’était l’ordre du ciel : je l’ai accordé avec plaisir » ; et, se tournant vers son petit-fils, il ajouta : « Soyez bon Espagnol, c’est présentement votre premier devoir, mais souvenez-vous que vous êtes né Français. »

Le duc d’Anjou, petit-fils de France, héritier, après son père le Dauphin et son frère le duc de Boulogne, de la couronne de France, devenait donc roi d’Espagne sous le nom de Philippe V.

Cette élévation, qui pouvait faire prévoir dans un avenir prochain la réunion des couronnes de France et d’Espagne, devait susciter une longue guerre terminée par les traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade, qui reconnaissaient Philippe V comme roi d’Espagne, à la condition qu’il renonçât pour lui et ses descendants à tous ses droits éventuels sur la couronne de France, ce qu’il déclara.

C’est cette déclaration, dont trop d’historiens se sont contentés ; les chroniqueurs, en effet, se bornent le plus souvent à enregistrer les événements sans en chercher bien profondément les causes et encore, moins les effets possibles ; ils ne se sont pas assez demandé si cet acte de renonciation, inscrit sur le papier et accepté de guerre lasse par la diplomatie, était bien réel, s’il pouvait exister en droit et s’il a existé en fait. …

Voir en ligne : L’ouvrage complet peut se commander sur le site de l’{Institut des Sciences Historiques}

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