Les textes de ce site légitimiste n’engagent pas la personne de Louis XX

Vive le Roy
Unir les peuples de France dans l’amour du Roi

Les tanneries de peau humaine sous la Révolution Française

Le corps humain marchandise
vendredi 3 juillet 2015 par Mauny Enregistrer au format PDF

De l’Ancien Testament jusqu’à l’Antigone du Païen grec Sophocle, inhumer les morts constitue un devoir, une prescription divine. En effet, de même que l’âme, le corps est une partie de notre humanité, aussi les civilisations les plus primitives marquent-elles du respect envers les dépouilles des défunts. Pour le révolutionnaire matérialiste, l’homme n’est que matière : que pourrait-il donc l’empêcher de destiner des parties de corps humain à des fins utilitaires, voire marchandes ? D’autant que ceux dont on utilise ainsi les cadavres, ces rebelles, ces « monstres » qui résistent à la Révolution émancipatrice, sont-ils seulement dignes d’être encore appelés « hommes » ? Aussi, pendant la Terreur — continuité logique des exactions du 14 juillet 1789 —, nie-t-on l’humanité des défenseurs de la civilisation traditionnelle, jusque dans leur propre corps.

Quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie pas autre chose sinon qu’on le forcera à être libre.
Jean-Jacques Rousseau, Contrat social, livre 1er, chap. VII.
La terreur cherche à « stabiliser » les hommes en vue de libérer les forces de la Nature ou de l’Histoire. C’est ce mouvement qui distingue dans le genre humain les ennemis contre lesquels libre cours est donné à la terreur ; et aucun acte libre, qu’il soit d’hostilité ou de sympathie, ne peut être toléré, qui viendrait faire obstacle à l’élimination de l’« ennemi objectif » de l’Histoire ou de la Nature, de la classe ou de la race.
Hannah Arendt, Le Système totalitaire, ch. IV.
Le vrai est que la Terreur fait partie de l’idéologie révolutionnaire.
François Furet, Penser la Révolution française, Foliohistoire, Paris, 1978, p. 105.

Le conventionnel Harmand témoigne

Citons d’abord le témoignage du révolutionnaire Jean-Baptiste Harmand (dit « de la Meuse ») tel qu’il l’a consigné dans un livre intitulé Anecdotes relatives à quelques personnes et à plusieurs événements remarquables de la Révolution :

Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s’était refusée aux recherches de Saint-Just ; il la fit conduire à l’échafaud. Après l’exécution il voulut qu’on lui présentât le cadavre et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer (la peau) par un chamoiseur et la porta en culotte. Je tiens ce fait révoltant de celui-même qui a été chargé de tous les préparatifs et qui a satisfait le monstre ; il me l’a raconté avec des détails accessoires que je ne peux pas répéter en présence de deux autres personnes qui vivent encore.

Il y a plus : c’est que, d’après ce fait, d’autres monstres, à l’exemple de Saint-Just, s’occupèrent des moyens d’utiliser la peau des morts et de la mettre dans le commerce. Ce dernier fait est encore constant. Il ne l’est pas moins que, il y a environ trois ans, on mit aussi dans le commerce de l’huile tirée des cadavres humains ; on la vendait pour la lampe des émailleurs [1].

La tannerie de Meudon

Le conventionnel Saint-Just

Louis Antoine Léon de Saint-Just (1767-1794) écrit dans son rapport du 14 août 1793 à la Commission des moyens extraordinaires :

On tanne à Meudon la peau humaine. La peau qui provient d’hommes est d’une consistance et d’une bonté supérieure à celle du chamois. Celle des sujets féminins est plus souple mais elle présente moins de solidité [2].

Aimée de Coigny

On ne peut négliger le témoignage d’une personne qui vécut sous la Révolution et était bien placée pour recueillir des confidences : c’est Aimée de Coigny (1769-1820) qui écrit, dans le chapitre sur la Convention de son Journal :

Trois tanneries de peaux humaines, aux Ponts de Cé (près d’Angers), à Étampes, à Meudon, ont été identifiées ; à la fête de l’Être Suprême plusieurs députés en portèrent des culottes. Après Thermidor Galetti le prouva au péril de sa vie.

L’historien Rocques de Montgaillard

Un historien contemporain de ces horreurs, Guillaume Honoré Rocques de Montgaillard, dans son Histoire de France depuis la fin du règne de Louis XVI jusqu’en 1825, confirme en 1828 que :

On tannait, à Meudon, la peau humaine, et il est sorti de cet affreux atelier des peaux parfaitement préparées. Le duc d’Orléans (Égalité) avait un pantalon de peau humaine. Les bons et beaux cadavres des suppliciés étaient écorchés et leur peau tannée avec un soin particulier [3].

Le citoyen Dusaulchoy de Bergemont

En 1818, le très républicain Joseph-François-Nicolas Dusaulchoy de Bergemont (1760-1835) — qui a été l’ami du conventionnel Camille Desmoulins et son collaborateur —, publie Mosaïque historique, littéraire et politique, ou glanage instructif et divertissant d’anecdotes inédites ou très peu connues, de recherches bibliographiques, de traits curieux, de bons mots et de médisances. Dans un paragraphe intitulé « Tannerie de peau humaine », il écrit :

Quel est le peuple d’Europe qui ne prend pas pour une fable l’établissement de la tannerie de peau humaine de Meudon ? On se souvient cependant qu’un homme vint à la barre de la Convention annoncer un procédé simple et nouveau pour se procurer du cuir en abondance ; que le Comité de Salut public lui accorda l’emplacement de Meudon dont les portes furent soigneusement fermées et qu’enfin plusieurs membres de ce Comité furent les premiers qui portèrent des bottes faites de cuir humain. Ce n’était pas au figuré que Robespierre écorchait le peuple, et comme Paris fournissait des souliers aux armées, il a pu arriver à plus d’un défenseur de la patrie d’être chaussé avec la peau de ses parents et amis [4].

L’homme en question s’appelait Seguin, « inventeur de nouveaux procédés pour le tannage des cuirs », auquel le Comité de Salut public procura « toutes espèces possibles de facilités » pour la fondation de ces établissements.

On tanne les peaux humaines en pays rebelle

Les tanneries d’Angers

À Angers, la fondation d’une tannerie de peau humaine revient au major Péquel qui charge le tanneur Langlais de les préparer. Le manchonnier Prudhomme confectionne ainsi trente-deux culottes en peau de Vendéens que portent ensuite certains officiers Bleus.

Raoul Mercier — professeur honoraire de l’École de Médecine de Tours et membre correspondant de l’Académie des Sciences —, dans un livre datant de 1939 et intitulé Le Monde médical dans la guerre de Vendée, rassemble de nombreux documents. On y trouve, entre autres, des précisions sur le chirurgien-major Péquel du 4e bataillon des Ardennes qui « s’est acquis, dit le Pr Mercier, une triste célébrité en dirigeant l’atelier de tannerie de peaux des Vendéens fusillés près d’Angers. »

Le rôle de Péquel est certifié par deux témoins :
  • l’un, Poitevin, agent national de la commune des Ponts-de-Cé, interrogé le 15 brumaire an III (6 novembre 1794), affirme avoir vu Péquel écorcher au bord de la Loire une trentaine de Vendéens fusillés.
  • l’autre, un Angevin, Robin, raconta le 31 mai 1852, les scènes dont il fut témoin dans sa jeunesse :
    J’avais, dit-il, l’âge de treize à quatorze ans, je puis affirmer avoir vu, sur les bords du fleuve (la Loire), les corps des malheureux Vendéens dont les cadavres avaient été écorchés. Il étaient écorchés à mi-corps parce qu’on coupait la peau au-dessous de la ceinture, puis le long des cuisses jusqu’à la cheville, de manière qu’après son enlèvement le pantalon se trouvait en partie formé.

Seul le tanneur Langlais des Ponts-Libres, ci-devant les Ponts-de-Cé, accepta de tanner ces peaux dont le manchonnier Prudhomme confectionna des pantalons.

Les généraux républicains Beysser et Moulin sont accusés d’avoir porté un pantalon de peau humaine et un chirurgien de Moulins s’est vanté d’en posséder un [5].

Le Poitevin dont il est question se nomme Claude Jean Humeau. On dispose ici d’un document officiel car le témoin dépose au Tribunal d’Angers le 26 août 1795 contre les membres de la Commission militaire et de l’ancien Comité révolutionnaire d’Angers du 15 au 18 brumaire an III (il semble que Raoul Mercier ait confondu les dates [note de VLR].) Voici sa déposition :

Pecquel chirurgien au 4e bataillon des Ardennes écorcha 32 de ces cadavres, les fit porter chez Lemonnier, tanneur au Ponts Libres (actuels Ponts-de-Cé), pour les tanner, que le particulier s’y refusa qu’il sait que les peaux sont déposées chez Prud’homme, manchonnier à Angers [6].

Quant à l’Angevin Robin, Raoul Mercier a pris son témoignage dans le livre Le Champ des Martyrs de Godard-Faultrier qui l’avait lui même interrogé :

[...] je crus devoir me transporter sur les lieux, le 31 mai 1852, et j’appris ce qui suit d’un sieur Robin, témoin des fusillades :
J’avais l’âge de treize à quatorze ans, nous dit-il, quand eurent lieu les exécutions ; j’étais berger « dans la prairie même où elles se faisaient, et je me rappelle très-bien que les malheureux, forcés de se mettre à genoux le visage du côté de la Loire, étaient fusillés par derrière. Ensuite on les jetait à l’eau qui refusa de les enlever, et d’où plusieurs semaines après ils furent retirés pour être inhumés par groupes, dans une douzaine de fosses carrées dont voici encore les traces. Mais il en est une, me dit-il, qui, placée trop près de la Loire, n’existe plus, le courant l’ayant enlevée [...]

Sur la demande que je lui adressai, s’il avait connaissance des trente victimes auxquelles la peau fut enlevée pour être tannée, il me répondit que le fait n’était que trop certain, et qu’il avait de ses yeux vu plusieurs cadavres en cet état, gisants au bord de l’eau sur la grève.

— Mais le moyen de croire à de pareilles horreurs ? lui répliquai-je.

— Je n’en impose point, reprit-il, et même je puis vous affirmer qu’ils étaient écorchés à mi-corps, parce que, continua-t-il, on coupait la peau au-dessous de la ceinture, puis le long de chacune des cuisses jusqu’à la cheville des pieds, de manière qu’après son enlèvement le pantalon se trouvait en partie formé ; il ne restait plus qu’à tanner et à coudre [7].

D’autres témoignages

Poursuivons notre enquête ; l’existence de ces tanneries d’un nouveau genre est établie en Vendée pendant les années cruelles de 1793-1794. Dans son Histoire de la Vendée militaire, l’historien Jacques Crétineau-Joly (1803-1875) rapporte à propos du général républicain Beysser déjà nommé :

Dans ces jours de sanglante folie, il avait osé être le premier à porter, au milieu des combats et des revues, un pantalon fait avec la peau préparée et tannée des Vendéens qu’on écorchait après la bataille. C’était un trophée dont il tirait vanité, une mode horrible qu’il avait rendue populaire [8].

Moins académique, mais intéressant : 1829, la comtesse de la Bouëre prépare la rédaction de ses Mémoires en recueillant auprès des gens du pays, des renseignements sur le passage des Vendéens pendant la Virée de Galerne. Près de La-Flèche, aux abords de la diligence, elle s’adresse au hasard à un homme âgé qui flâne par là et le questionne.

Vous ne pouviez mieux vous adresser, Madame, répond-il. J’ai servi sous les généraux Kléber, Beysser, Canclaux, Duquesnoy, Turreau, Cordellier, etc.

[...] Ah ! je bûchais bien ! Aussi, on m’appelait le « boucher de la Vendée ».

[...] Et si cela revenait, je recommencerais encore. Je le ferais encor, si j’avais à le faire.

[...] Il se vanta « d’avoir écorché des brigands pour en faire tanner la peau à Nantes... »

Pendant ce colloque, un homme de moyenne taille, d’environ trente ans, qui avait l’air d’un ouvrier maçon ou de quelque autre métier, s’approcha de nous pour l’écouter, comme étant de sa connaissance. Le vieux soldat l’interpella ; après avoir dit qu’il avait apporté et vendu douze de ces pantalons en peau humaine à la Flèche, pour lui nommer deux individus de sa connaissance qui en avaient acheté : l’un était mort, et l’autre encore vivant s’en était vêtu le jour de Pâques.

— Malheureux ! lui dis-je, vous n’éprouvez donc pas de regrets, de remords ? Après avoir sacrifié tant de victimes, elles ne se dressent pas devant vous dans votre sommeil, dans vos songes ? Vous devez pourtant ressentir des regrets de tant de sang répandu, de tant de crimes. Il me semble que, lorsque vous êtes seul, vous devez d’avance éprouver les tourments de l’enfer ?

— Je n’y songe pas, me répliqua-t-il, puis il s’éloigna un peu.

Pendant ce temps-là, l’homme qui était venu se joindre à cette conversation, ou du moins l’écouter, car il n’avait rien dit jusqu’à ce moment que des oui ou des non (j’ai su peu après que c’était lui qui louait une chambre au soldat de l’armée infernale ; voilà pourquoi sa présence ne l’avait point dérangé), quand, dis-je, le soldat fut assez loin de nous pour ne pas entendre, cet artisan me dit :

— Oh ! madame, il parle trop de tout cela pour qu’il n’en soit pas occupé sans cesse ; il raconte toujours ces horribles choses qui épouvantent ma femme. Oh ! madame, il ne vous a pas dit tout.

— Comment, grand Dieu ! que peut-il donc avoir fait de plus horrible ?

— Il ne vous a pas parlé des femmes qu’il faisait fondre ?

Je ne comprenais pas ce que cela voulait dire, croyant ne pouvoir rien apprendre de plus pour être persuadée de l’atrocité et de la cruauté de cet homme... quand il se rapprocha de nous. Interpellé par son propriétaire d’expliquer son trafic de femmes fondues, ce cannibale, sans se faire prier, dit « que le 6 avril 1794, il avait fait fondre cent cinquante femmes » (il y a à croire que ce fanfaron de crimes les exagère) pour avoir leur graisse.

— Deux de mes camarades étaient avec moi pour cette affaire. J’en envoyai dix barils à Nantes ; c’était comme de la graisse de momie : elle servait pour les hôpitaux [9].

Ce dernier document pourrait sembler un peu « léger » s’il ne corroborait le premier témoignage — cité dans au début de cet article —, du révolutionnaire Harmand : « [...] il y a environ trois ans, on mit aussi dans le commerce de l’huile tirée des cadavres humains... [10]. »

Pareillement, il semble très probable qu’à Clisson, le 6 avril 1794, des soldats de la compagnie de Marat dressèrent un bûcher sous lequel ils placèrent des barils et, dans une seule nuit, ils firent fondre les cadavres de cent cinquante femmes pour se procurer de la graisse. Les barils furent transportés à Nantes pour être vendus aux hôpitaux, tout au moins, c’est ce que rapporte le registre de Carrier où on lit que « cette opération économique produisait une graisse mille fois plus agréable que le saindoux. »

Continuons nos recherches. Paul Lacroix, plus connu sous le nom de « Bibliophile Jacob », avait fait la connaissance d’un nommé Souterre, ancien Hussard de la Mort, lequel lui assura avoir porté une culotte de peau humaine. Il recueillit un aveu identique de la bouche d’un architecte qui était, en 1823, un des plus terribles exécuteurs de la Bande Noire : il rasait les châteaux avec une impitoyable malerage. Cet architecte lui confia que, se trouvant à l’armée, il avait porté une culotte de peau humaine « fort bien tannée, fort souple et fort convenable. »

Des objets en peau humaine

La peau humaine exposée au Muséum des Sciences Naturelles de Nantes

Des objets en peau humaine existent dans des collections privées ; mais l’on peut voir au Muséum des Sciences Naturelles de Nantes, une peau humaine tannée [11]. Ce n’est pas celle d’un Vendéen, c’est celle d’un Bleu, tué à la défense de Nantes, en juin 1793, qui avait légué sa peau pour en faire un tambour ! Selon sa volonté elle fut préparée dans une tannerie des bords de la Sèvre nantaise ; malheureusement son épaisseur insuffisante ne convint pas à un tel usage...

Un exemplaire de la Constitution du 24 juin 1793 reliée en peau humaine

Louis Combes a fait connaître le texte du placard, copié sur l’original même, dans ses Épisodes et curiosités révolutionnaires et l’a fait suivre de sa Réponse à l’affiche de Billaud-Varenne, Vadier, Collot et Barère dans laquelle il dit ceci :

Plusieurs journaux avaient parlé avant nous des prétendues tanneries. Le fait nous parut si hasardé que nous le reléguâmes dans les on-dit, et nous nous contentâmes, dans un mémoire suivant, de rapporter littéralement les détails que donnait à ce sujet une feuille accréditée. Billaud-Varenne, Vadier, Collot et Barère ont cru bon et utile de signer une grande affiche bleue contre nous seuls.

À la première explication que nous venons de donner, nous ajouterons que le fait de la tannerie humaine a certainement existé, puisqu’un de nos abonnés nous envoie, comme un digne monument des decemvirs, une Constitution de 1793, imprimée à Dijon chez Causse, sur un papier vélin et reliée en peau humaine qui imite le veau fauve. Nous offrons de la montrer à tous ceux qui seraient curieux de la voir...

Cet exemplaire de la Constitution a une histoire. Il devint plus tard la propriété d’un historien de la Révolution, Villeneuve, qui y joignit un exemplaire de l’affiche et une note destinée à l’authentifier. Muni de telles références, le livre fut mis en vente et acquis en 1849 par un libraire parisien. On en perd ensuite la trace jusqu’en 1864 où, le 13 février de cette année, il était vendu par les soins de M. France, le père d’Anatole, le maître styliste et délicieux conteur, pour la coquette somme de 231 F or. Cet exemplaire, après avoir eu plusieurs possesseurs, dont le marquis de Turgot, fut acheté en 1889 par le musée Carnavalet. C’est un in-12, joliment relié avec filets sur les plats et doré sur tranches.
En 1887, le juge d’instruction Adolphe Guillot, écrit dans son Paris qui souffre :

Le mari de Mme Roland avait envoyé à l’Académie de Lyon un mémoire où il proposait d’utiliser les morts en faisant de l’huile et de l’acide. On ne s’étonnera donc pas que, pendant la Terreur, on ait avec la peau humaine, qu’on pouvait se procurer à très bon compte, relié des ouvrages patriotiques et notamment une édition de la Constitution de 1791.

Il en existe entre autres un exemplaire à la bibliothèque Carnavalet ; un petit morceau de la reliure a été remis au docteur Robin, professeur à la faculté de médecine ; il y a constaté tous les signes constitutifs de la peau humaine [12].

Conclusion

Plusieurs mémorialistes et écrivains, se posant en historiens, rapportent encore l’existence de ces tanneries de peau humaine : Georges Duval dans ses Souvenirs de la Terreur, Granier de Cassagnac dans son Histoire des Girondins et des massacres de septembre, ou encore l’Histoire impartiale des Révolutions de Prud’homme, Les brigands démasqués de Danican, etc. L’intermédiaire des chercheurs et curieux du 30 mars 1936 révélait qu’il s’était tout de même trouvé un tribunal pour condamner l’officier de santé Morel et le bourreau, coupables d’avoir détourné la peau de l’abbé Thomas de Guebwiller, guillotiné à Colmar.

Dans le Haut-Rhin, on a conservé le souvenir d’une histoire macabre et odieuse qui se passa a Colmar pendant la Révolution. Après l’exécution du saint abbé Thomas de Guebwiller, condamné à mort à Colmar pour émigration, le bourreau vendit au docteur Moret la peau écorchée de la victime. Le docteur la fit tanner et s’en fit confectionner une culotte qu’il portait fièrement en en racontant l’origine. L’indignation des Colmariens fut telle que les autorités durent intervenir la culotte fut saisie et ce furent le bourreau et le tanneur qui furent condamnés pour détournement [13].

Il reste que l’utilisation de sous-produits des massacres constitue une forme achevée du sadisme terroriste.

Comment est-il encore possible de se réclamer de cette Révolution sanguinaire, qui a généré de telles barbaries ? Est-ce anodin que tous les tyrans des régimes totalitaires, tous les massacreurs des peuples de l’histoire contemporaine — Lénine, Trotsky, Staline, Hitler, Mao, Pol Pot ... — se réclament de la Révolution française et se posent en continuateurs de Robespierre ?

[1Jean-Baptiste Harmand, Anecdotes relatives à quelques personnes et à plusieurs événements remarquables de la Révolution, Maradan, Paris, 1820, p.78.

[2Émile Gabory, La Révolution et la Vendée, Paris, Perrin, Tome II, p.264.

[3Guillaume Honoré Rocques de Montgaillard, Histoire de France depuis la fin du règne de Louis XVI jusqu’en 1825, Moutardier libraire-éditeur, seconde édition, Paris, 1827, Tome IV, Note 1, p.290.

[4Joseph-François-Nicolas Dusaulchoy de Bergemont, Mosaïque historique, littéraire et politique, ou glanage instructif et divertissant d’anecdotes inédites ou très peu connues, de recherches bibliographiques, de traits curieux, de bons mots et de médisances, Éd. Rosa, Paris, 1818, tome I, p.140.

[5Raoul Mercier, Le monde médical dans la guerre de Vendée, (Préface d’Albert Grenier, professeur au Collège de France), Arrault et cie, Tours, 1939, p.179-180.

[6Pièce N° 262 — extraits des délibérations et dépositions d’Angers — Témoignage de Claude Jean Humeau au tribunal d’Angers en date du 26 août 1795. H : 37 cm - L : 23,4 cm. Collection Archives du Maine et Loire 1 L 1127 /3.

[7V. Godard-Faultrier, Le champ des martyrs, 3e édition, Librairie P. Lachèse Belleuvre et Dolbeau, Angers, 1869, p.126-127.

[8Jacques Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, Henri Plon éditeur, 5e édition, Paris, 1865, Tome 1, p.184.

[9Comtesse de la Bouëre, Souvenirs de la comtesse de la Bouëre, la guerre de Vendée,1793-1796 : mémoires inédits, Plon, Paris, 1890, p.307-315.

[10Jean-Baptiste Harmand, Anecdotes relatives à quelques personnes et à plusieurs événements remarquables de la Révolution, Maradan, Paris, 1820, p.78.

[11Cette peau est celle dont la photographie illustre cet article

[12Adolphe Guillot, La basse geôle du Grand-Chatelet et les morgues modernes, Éditeur P. Rouquette, Paris, 1887, p.61.

[13L’intermédiaire des chercheurs et curieux, F. Schaedelin, 30 mars 1936, « Peau humaine tannée », T. G., 884 ; T. G. D., 1098 ; T. G. D. : 2 : 355 ; XCVIII, 67,499, 746, 931.


Accueil | Contact | Plan du site | |