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Libres propos de Hitler sur Franco et la Phalange

Sympathie du Führer pour les Rouges espagnols
vendredi 4 avril 2014 par Faoudel, Savéan Enregistrer au format PDF

La Phalange espagnole est un mouvement nationaliste révolutionnaire violemment laïciste que Franco a neutralisé avec succès. Mis au courant de ces manœuvres par son chef des services secrets, Hitler fulmine contre un Franco qualifié de « paltoquet » [...] « il s’agira de liquider ce régime soumis aux curés [...] Les curés et les monarchistes — les mêmes ennemis mortels de notre propre soulèvement national — se sont ligués pour s’assurer le pouvoir. Si une nouvelle guerre civile devait éclater en Espagne, il ne faudrait pas s’étonner que les Phalangistes fussent obligés de faire cause commune avec les Rouges — afin de mettre au pas la réaction. » Et il se rassure : « Dieu soit loué ! Les Rouges et les Phalangistes que nous utilisons dans l’Organisation Todt font preuve d’une discipline parfaite — et nous avons les meilleures raisons d’en attirer à nous le plus grand nombre possible. »

Introduction de VLR

Les passages suivants sont extraits du livre : Adolf Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, Éd. Flammarion, Col. « Le temps présent », Trad. François Genoud, t. 2, Paris, 1954, ouvrage connu aussi sous le nom « Propos de table ».

Les commentaires de VLR s’appuient sur l’ouvrage de Guy Hermet, La guerre d’Espagne, Point Histoire, Seuil, 1989.

Les titres des paragraphes sont ceux des Libres Propos hormis les commentaires.

Enfin, il est de bon ton, dans certains milieux, de récuser le livre Libres propos sur la guerre et la paix comme non représentatif de la pensée hitlérienne ; ceux-là doivent alors expliquer pourquoi l’Encyclique Mit brennender Sorge, écrite en 1937, dénonce précisément les positions nazies tenues à la fois dans Mein Kampf et dans Libres propos. Si on suit leur logique, il faudrait conclure à un complot entre un des plus hauts dignitaires du régime nazi (Martin Bormann) et le futur pape Pie XII pour salir la pensée du Fürher.

Libres propos de Hitler, 5 juin 1942

Une sainte élevée au grade de général

Martin Bormann : un rapport est présenté au Führer selon lequel, par un décret du 22 septembre 1941, le Caudillo a décidé qu’à l’avenir les honneurs dus à un maréchal seraient rendus à la Vierge de la Fuencisla, patronne de Ségovie, pour avoir accompli un miracle cinq ans auparavant en permettant à 3000 soldats nationaux, sous les ordres de Valera, l’actuel ministre de la Guerre, de défendre victorieusement cette ville contre l’assaut de quinze mille Rouges. On cite le cas d’une autre sainte, élevée au grade de général, pour avoir empêché qu’une bombe, après avoir passé à travers le toit, n’éclatât à l’intérieur de l’église dont elle est la protectrice. Là-dessus, le Führer intervient ;

Adolf Hitler — je me demande avec inquiétude à quelles perspectives cela donne le champ libre si l’on permet à de telles sornettes de prendre crédit. De toute manière, j’assiste à l’évolution de l’Espagne avec le plus grand scepticisme. Et je sais d’avance que, même si je finis par visiter tous les pays d’Europe, je n’irai jamais en Espagne. [1]

Libres propos de Hitler, 7 juin 1942

Une procession à Barcelone, brimades à la Phalange

Martin Bormann : on informe le Führer qu’à l’occasion de la Fête-Dieu le gouvernement de Barcelone a pris un arrêté interdisant aux participants de la procession de porter l’uniforme de la Phalange, celui de la milice phalangiste, ou même une partie de ces uniformes. Une seule exception a été admise, en faveur du chef régional de la Phalange et de sa suite, une autorisation expresse leur ayant été donnée. Il ressort de cette information que cette interdiction a été obtenue par les nationalistes*, à la suite d’une intervention auprès de l’Église. À ce propos, l’on rappelle que quelques semaines auparavant des incidents ont eu lieu entre nationalistes et membres de la Phalange, ce parti sert pourtant de base à l’État. Le journal madrilène Arriba s’exprime à ce propos sans ambiguïté. Il affirme que le port de la chemise bleue constitue pour les Phalangistes un devoir d’honneur et que tous ceux qui s’y opposent sont des êtres exécrables. Voici l’avis du Führer :

Adolf Hitler — On voit clairement par là comment l’État espagnol va au devant de nouvelles catastrophes. Les curés et les monarchistes — les mêmes ennemis mortels de notre propre soulèvement national — se sont ligués pour s’assurer le pouvoir. Si une nouvelle guerre civile devait éclater en Espagne, il ne faudrait pas s’étonner que les Phalangistes fussent obligés de faire cause commune avec les Rouges — afin de mettre au pas la réaction. Il est vraiment regrettable que le sang versé en commun, durant la guerre d’Espagne, par les Phalangistes, les fascistes et les nationaux-socialistes n’ait pas produit de meilleurs résultats. [2]

* Par ce terme de nationaliste, il semble que Bormann désigne les éléments les plus traditionnels du régime franquiste. [Note de VLR]

COMMENTAIRE de VLR :

En effet Guy Hermet confirme que le camp des nationaux dirigé par Franco est en réalité un « conglomérat de courants aux intentions peu conciliables » au sein duquel « la Phalange représente un courant fasciste au début minoritaire, plutôt laïcisant et antimonarchiste » d’ailleurs « les phalangistes sont perçus un peu comme les Rouges de la zone nationale ». [3]

Ma méfiance à l’égard de Serrano Suñer

Adolf Hitler — Mais en Espagne il se trouve malheureusement toujours quelqu’un pour servir les intérêts politiques de l’Église. Serrano Suñer, l’actuel ministre des Affaires étrangères, appartient à cette espèce. Dès le premier entretien que j’ai eu avec lui, j’ai éprouvé un sentiment de méfiance à son égard, et cela bien que notre ambassadeur, avec une méconnaissance totale des faits, me l’eût présenté comme le plus grand germanophile d’Espagne. [4]

COMMENTAIRE de VLR :

Il semble qu’Hitler se méprenne sur Ramon Serrano Suñer. Ce dernier est plutôt fascisant et germanophile. C’est la raison de sa disgrâce, comme le confirme Guy Hermet : « l’ambitieux président de la Junte politique de la Phalange qu’est Ramon Serrano Suñer, pourtant beau-frère du Caudillo, est mis au pas en plusieurs temps entre 1941 et 1942 [...] il doit enregistrer l’échec de son projet de constitution phalangiste d’esprit totalitaire, avant de perdre son portefeuille ministériel lors du remaniement gouvernemental du 3 septembre 1942. Serrano Suñer est alors remplacé au ministère des Affaires étrangères par le général Jordana, figure de proue du clan antiphalangiste et réputé favorable aux alliés. » [5]

Les Italiens se défendent mieux contre les empiètements de l’Église

Adolf Hitler — Si une deuxième guerre civile a été épargnée aux fascistes, cela est dû pour une bonne part au fait que le mouvement, partant de Rome, a réussi à faire l’unité de la nation italienne malgré les efforts de l’Église. D’emblée, le fascisme a défini clairement sa position en ce qui concerne les choses qui sont du ressort de l’Église et celles qui sont du ressort du Parti. Lorsque l’Église a prétendu s’insurger contre l’organisation des jeunesses fascistes, les fascistes ont réagi en dispersant — de Rome jusqu’au sud de l’Italie — les processions à coups de bâtons, de sorte qu’au bout de trois jours à l’Église a dû plier l’échine. [6]

Libres propos de Hitler, 27 juin 1942

Prise de Tobrouk.

Adolf Hitler — La prise de Tobrouk est un succès tout à fait extraordinaire. Elle fait l’effet, dans la conjoncture actuelle, d’un heureux présage pour le peuple allemand. De même que l’intervention du Japon, au moment le plus critique de notre lutte à l’est, ce coup porté par Rommel aux Anglais sur le théâtre africain éclate au moment précis où les Espagnols intriguent contre nous. Il suffit pour caractériser ces intrigues, de mentionner que Serrano Suñer, leur ministre des Affaires étrangères, a été récemment honoré par le Pape, qui lui a fait don d’un rosaire. [7]

Libres propos de Hitler, 7 juillet 1942

Évolution de la situation en Espagne, la politique cléricale de Serrano Suñer

Martin Bormann — Le général Jodl informe le Führer d’un accident qui s’est produit à la frontière espagnole à l’occasion du retour en Espagne de quelques blessés de la Division bleue*. Ceux-ci se virent interdire l’accès du Sud-Express. Comme ils tentaient de pénétrer dans le fourgon à bagages, une compagnie d’infanterie intervint, sur l’ordre du gouverneur militaire, et les emmena. À ce propos, le maréchal Keitel précise que si la Division bleue est mal vue en Espagne, c’est déjà à cause de son nom, le rappel de la couleur bleue étant une allusion à la première Phalange qui, elle, n’était pas sous la tutelle de l’Église. Dans la nouvelle Phalange l’on ne peut être admis qu’avec un visa du curé.

Adolf Hitler — La situation en Espagne évolue de façon lamentable. Franco, apparemment, n’a pas la personnalité nécessaire pour y faire face. Il a pourtant pu entreprendre son œuvre dans des conditions sensiblement plus faciles que ce ne fut le cas pour le Duce et pour moi. Après avoir conquis l’État, nous avons dû encore l’un et l’autre gagner l’armée. Franco, lui, eut d’emblée tout en main. Mais il semble qu’il ne puisse se libérer de l’influence de Serrano Suñer, qui incarne la politique cléricale et qui, d’une façon évidente, mène un jeu malhonnête à l’égard des puissances de l’Axe.
On ne saurait avoir les idées plus courtes que cette prêtraille. En donnant, par l’intermédiaire de Serrano Suñer, une impulsion réactionnaire à la politique espagnole et en poussant au rétablissement de la monarchie, ils ne réussiront qu’à déchaîner une nouvelle guerre civile — mais cette fois-ci ils n’y survivront pas. [8]

* La Division Azul est le corps des volontaires espagnols qui a combattu avec la Werhmacht sur le front de l’Est ; son nom se rapporte à la chemise bleue des phalangistes. [Note de VLR]

COMMENTAIRE de VLR :

En réalité, c’est bien Franco et non Serrano Suñer qui a neutralisé les aspirations fascistes de la Phalange par son décret d’unification politique du 15 avril 1937. Guy Hermet affirme que cette décision est « le fruit du second coup d’État dans le coup d’État opéré par Franco, par lequel celui-ci neutralise les courants conservateurs ou fascisants en les unifiant par la force sous son égide. [...] Si le Caudillo juge opportun de flatter ses alliés allemands et italiens en appuyant son pouvoir sur un parti de style fasciste, il est au fond de lui-même hostile aux velléités pseudo-révolutionnaires des phalangistes et franchement opposé à l’appétit de pouvoir de certains d’entre eux. » [9]

Ne pas comparer le régime de Franco avec le national-socialisme ou avec le fascisme, les Rouges espagnols ne sont pas des Rouges

Martin Bormann — Le général Jodl pense que la cavalerie de Saint-Georges est derrière tout ça et que peut-être l’Angleterre envisage de créer par ce moyen un deuxième front.

Adolf HitlerIl faut se garder de mettre le régime de Franco sur le même pied que le national-socialisme ou le fascisme. Todt, qui a occupé beaucoup d’Espagnols dits rouges sur ses chantiers, m’a toujours dit que ces Rouges ne sont pas Rouges au sens où nous l’entendons. Ils se considèrent eux-mêmes comme des révolutionnaires. Todt en pense le plus grand bien. Ce que nous pourrions faire de mieux, ce serait d’en tenir en réserve le plus possible, à commencer par les quarante mille qui travaillent sur nos chantiers — pour le cas où une nouvelle guerre civile éclaterait en Espagne. Joints aux survivants de la première Phalange, celle de José Antonio, ils constitueraient une force sur laquelle nous pourrions nous appuyer. [10]

COMMENTAIRE de VLR :

Sur la nature du régime franquiste, Guy Hermet confirme : « Fasciste, le régime ne l’est donc guère que dans les espoirs de certains éléments de la Phalange et dans certains aspects de sa symbolique d’avant 1945, qui fait par exemple que le général Franco adopte le salut romain – bras tendu – pour mieux circonvenir peut être les plus encombrants de ses alliés. Mais, plutôt qu’un programme d’encadrement fasciste, la dictature met en œuvre une politique de retour au passé pré-républicain, fondée avant tout sur une idéologie inspirée de la tradition assez mythique de l’Espagne impériale des XVIe et XVIIe siècles. Espagne réputée authentique, présentée comme modèle à un pays à libérer tout à la fois de l’emprise “mortelle” du libéralisme, de la tyrannie des partis diviseurs, de l’anticléricalisme, de la franc-maçonnerie et de l’irréligion. » [11]

[Franco,] un paltoquet, non un héros. L’intervention du Ciel et l’intervention du ciel. La première phalange

Martin Bormann : L’ambassadeur Hewel raconte qu’il a vu à Madrid, dans des uniformes privés de leurs signes distinctifs, et sous la garde de soldats en armes, des hommes occupés à des travaux de voirie. Il devait s’agir d’anciens soldats de l’armée rouge. Hewel estime, si on voulait les utiliser de cette façon, qu’on eût pu au moins leur donner d’autres vêtements. Le maréchal Keitel prétend que, pour juger l’armée espagnole, les critères de l’armée allemande sont sans valeur. « Lors de la rencontre entre le Führer et Franco, ajoute-t-il, le détachement qui rendait les honneurs faisait une impression déplorable. Les fusils de ces hommes étaient rouillés à tel point qu’ils en étaient inutilisables. Au moment de l’organisation de cette rencontre, l’amiral Canaris m’avait déjà prévenu que le Führer aurait la déception de rencontrer en la personne de Franco un paltoquet au lieu d’un héros. » Le Fürher reprend :

Adolf Hitler — Les franquistes peuvent se féliciter d’avoir trouvé l’aide de l’Italie fasciste et de l’Allemagne national-socialiste au cours de leur première guerre civile. En effet, comme les Espagnols rouges ne cessent de l’affirmer, ce n’est pas par idéologie qu’ils sont entrés dans le sillage des Soviets, mais faute d’avoir trouvé un autre appui. Il est indiscutable, puisqu’il est question d’une intervention du ciel, que celle-ci n’est pas due à la madone à laquelle on vient de donner le bâton de maréchal, mais aux avions du général von Richthofen qui foncèrent sur les positions des prétendus rouges. [12]

Martin Bormann : « Ce qui singularise l’Espagnol de la classe aisée, déclare l’ambassadeur Hewel, c’est sa paresse et son caractère ombrageux. Il n’admet en effet aucune critique. » Hitler reprend :

Adolf HitlerDieu soit loué ! Les Rouges et les Phalangistes que nous utilisons dans l’Organisation Todt font preuve d’une discipline parfaite — et nous avons les meilleures raisons d’en attirer à nous le plus grand nombre possible.
Il est malheureusement beaucoup plus difficile de trouver en Espagne l’homme capable de clarifier la situation. Les problèmes posés sont moins d’ordre militaire que de politique intérieure. Au premier plan le problème alimentaire, particulièrement difficile à résoudre, étant donné la nonchalance proverbiale de la population. L’avenir nous dira si un général en est capable. [13]

COMMENTAIRE de VLR :

Il est vrai que « le soutient le plus décisif se révèle être alors celui que l’Italie et l’Allemagne accordent aux nationaux [c’est-à-dire les franquistes] » [...] Mais, « Commerçants avisés et neutres dans les premiers jours [de la Guerre d’Espagne], ils [les Nazis] avaient fait la même offre au gouvernement républicain » selon Ramon Salas Larrazabal dans son ouvrage La Guerra de España vista desde el aire publié à Barcelone en 1969. [14]

Éloge du général Muñoz grande

Adolf Hitler — Nous devons en tout cas encourager dans la mesure du possible la popularité du général Muñoz Grande. C’est un homme énergique, et il est peut-être le plus qualifié pour réussir. Il est heureux en tout cas qu’on soit parvenu, au dernier moment, à contrer les manœuvres du clan Serrano Suñer en vue d’écarter ce général du commandement de la Division bleue. En effet, celle-ci jouera probablement un rôle décisif quand il s’agira de liquider ce régime soumis aux curés. [15]

Libres propos de Hitler, 1er août 1942

Les savants dosages de l’Église catholique

Martin Bormann : Bormann fait allusion aux faveurs dont Franco comble le clergé et grâce à quoi l’Église d’Espagne accroît de jour en jour son emprise.

Adolf Hitler — En Bavière, cela était exactement pareil. Held a rendu à l’Église des forêts qui valaient de trente à quarante millions, lesquelles, en vertu de la sécularisation des biens du clergé, appartenaient à l’État.
L’Église a fait un savant mélange des choses de ce monde et des choses de l’autre monde. Les pauvres croient qu’ils sont destinés de toute éternité à la pauvreté et que les enfants de leurs enfants doivent demeurer dans cet état jusqu’à la consommation des siècles — les riches, eux, n’ayant pas accès au paradis ! En spéculant sur l’infinie bêtise des humains, l’on peut maintenir indéfiniment l’ordre établi. C’est là ce qui importe avant tout aux possédants et qui, aux yeux des bien-pensants, donne toute sa valeur au système catholique. Cramer-Klett m’a avoué un jour qu’il avait abjuré la foi protestante dès l’instant qu’il s’était aperçu que la révolution accomplie par Luther avait ébranlé dans le monde la notion d’autorité. [16]

Évolution des connaissances et bonne foi

Adolf Hitler — Oui, mais je pense que si l’homme a été doué de raison, c’est pour s’en servir, et je doute qu’à la longue une réalité qui offense la raison puisse conserver des chances de durer. Il n’est jamais possible de s’accrocher longtemps à des notions que contredisent les données de la science. Je ne puis considérer comme un menteur celui qui a cru au monde d’Aristote ou à celui de Ptolémée, car ces représentations correspondaient à la science du moment. Mais l’on devient un menteur lorsque l’on s’accroche, contre l’évidence et contre sa propre raison, à des notions indiscutablement périmées. Il n’existe aucune discipline de la connaissance qui ne soit en état de constante évolution. À mes yeux, la bonne foi humaine consiste à repousser le mensonge avéré.

Malheureusement pour l’Église, elle a délimité le mystère et elle l’a expliqué de façon précise. Il est ainsi inévitable que chaque jour davantage le sol se dérobe sous ses pas. C’est la raison pour laquelle elle se cramponne à ses dogmes et repousse les acquisitions nouvelles. Nous n’avons aucune lumière sur le mystère quand nous apprenons que les curés se représentent Dieu sous les traits d’un homme. Les disciples de Mahomet, à ce point de vue, leur sont bien supérieurs, car ils n’éprouvent pas le besoin de se représenter physiquement Allah !* Ce qui fait le danger du christianisme, c’est qu’il donne une représentation humaine de l’au-delà. Quand cet édifice s’effondre, tout se dénoue. L’homme est mûr pour le matérialisme bolchevique. Il perd toute mesure, il se prend pour le maître de la création. C’est la fin de tout. Que l’Église d’Espagne s’enferre dans cette voie, et c’est la perspective de nouveaux bûchers.

Un chapitre d’histoire étonnant, c’est la rapidité avec laquelle Ataturk a liquidé son clergé. Il a fait pendre sur-le-champ trente-neuf prêtres — le reste s’est volatilisé. À Constantinople, Sainte-Sophie a été transformée en musée. [17]

* Effectivement les Musulmans ont conservé les prescriptions judaïques de l’Ancien Testament « Tu ne ne fera pas d’image du Seigneur ton Dieu ». [Note de VLR]

« Le Pape devra quitter l’Italie »

Adolf HitlerLe Duce m’a dit à Venise, en 1934 : « Un jour viendra où le Pape devra quitter l’Italie, car il n’y a pas place pour deux maîtres. »

La race espagnole est le produit de la fusion d’éléments goths, francs et maures. On peut dire de l’Espagnol qu’il est un anarchiste courageux. L’époque arabe (les Arabes regardent les Turcs comme des chiens ! ) fut l’époque la plus heureuse pour l’Espagne, la plus civilisée. Puis vint l’époque des persécutions, toujours recommencées. [18]

Le prêtre espagnol est haï

Adolf Hitler — En Russie, le pope n’était pas détesté, mais méprisé. C’était un parasite. Les princes russes n’ont jamais été les esclaves de l’Église — comme c’est le cas des Espagnols et aussi des Allemands. Le prêtre espagnol, lui, est haï. À la prochaine occasion, le peuple lui fera son affaire. Tous ceux qui suivent la politique de Franco sont d’accord pour dire qu’il conduit l’Espagne à la révolution. Il n’est pas possible d’élever une muraille chinoise entre le peuple espagnol et le monde extérieur. Tout cela finira par une explosion. Nous retrouvons là une loi élémentaire. Les parasites ne se rendent pas compte que du fait de leur insatiabilité ils détruisent eux-mêmes la substance dont ils vivent. L’Église actuelle n’est rien d’autre qu’une association en vue d’exploiter la bêtise humaine. Si je ne m’étais pas décidé, en 1936, à lui envoyer nos premiers Junkers, Franco n’aurait pas réussi. Aujourd’hui, c’est grâce à sainte Isabelle ! La reine Isabelle fut la plus grande des putains. Le Pape lui donna la Rose d’or à l’époque même où Louis de Bavière était littéralement crucifié par l’Église à cause de Lola Montez. [19]

Le fossoyeur de la nouvelle Espagne

Adolf Hitler — La mort de Mola fut un grand malheur pour l’Espagne. C’était lui la tête capable, l’homme supérieur. Franco est arrivé comme Pontius in credo. Mais celui qui de tous a le plus mauvais esprit, c’est sans aucun doute Serrano Suñer. Il s’est donné pour tâche de réaliser l’union latine. C’est le fossoyeur de la nouvelle Espagne. [20]

COMMENTAIRE de VLR :

Le général Emiliano Mola, mort accidentellement le 3 juin 1937, fut l’instigateur et le coordinateur du complot qui déclencha la Guerre d’Espagne. Guy Hermet précise par ailleurs : « Mola ne peut de son côté devenir la cheville ouvrière du nouvel État à construire. Il passe pour un agnostique aux yeux des catholiques. De même, ses collègues monarchistes le honnissent depuis des années. Directeur général de la sûreté lors de la chute d’Alphonse XIII, il a en somme trahi le roi en 1931. » [21]

Libres propos de Hitler, 27 août 1942

L’Espagne et le bloc latin

Adolf Hitler — En Espagne, deux tendances.
  • Les papistes ont pour but de restaurer la monarchie afin de renouer avec l’Angleterre. Franco a des projets sournois sur les possessions françaises d’Afrique du Nord.
  • Les Phalangistes revendiquent Gibraltar et voudrait enlever aux Français une partie de la province d’Oran. Le danger d’un bloc latin disparaît du fait des prétentions énormes dont la France devrait faire les frais. Les Français, nécessairement, se tourneront vers nous pour se mettre à l’abri de ses prétentions exorbitantes. Je voudrais pouvoir faire comprendre au Duce que pour le cas d’une tentative de débarquement des Anglais, je préférerais de beaucoup une France tranquille. Si ce débarquement devait être l’occasion d’un soulèvement, cela compliquerait bien des choses pour nous. [22]

COMMENTAIRE de VLR :

Lors de l’entrevue d’Hendaye du 23 octobre 1940, Franco demande à Hitler des contreparties exorbitantes à son entrée en guerre au coté des puissances de l’axe. Cette surenchère habile n’était qu’un prétexte pour conserver sa neutralité.

Libres propos de Hitler, 5 septembre 1942

Je suis pour quelque chose dans la disgrâce de Serrano Suñer

Adolf HitlerSerrano Suñer aurait peu à peu annihilé la Phalange pour préparer une restauration monarchique. La réflexion que j’ai faite récemment de lui, à savoir que je le prenais pour un authentique salaud, a certainement accéléré sa disgrâce. [23]

Personnalité d’Alphonse XIII

Adolf Hitler — Alphonse XIII était quelqu’un. Et pourtant, lui aussi, il s’est perdu lui-même. Pourquoi n’a-t-il pas conservé Primo de Rivera ? Je puis tout comprendre, mais je ne puis concevoir, lorsqu’on a réussi à conquérir le pouvoir, qu’on ne s’y cramponne pas de toutes ses forces. [24]

COMMENTAIRE de VLR :

Miguel Primo de Rivera est un général qui dirige l’Espagne par la « dictature douce » depuis son coup d’état de 1923 jusqu’à sa démission en 1930. C’est le père de José Antonio Primo de Rivera qui fonde la Phalange le 2 novembre 1933.

La race des princes

Adolf Hitler — Les princes constituent une race unique au monde pour ce qui est de la stupidité. C’est une sélection à l’envers. Si les Habsbourg rentraient en Hongrie, ils sont si bêtes que leur présence là-bas provoquerait un gâchis extraordinaire. Il est des circonstances où l’on est on serait inexcusable de demeurer passifs. À chaque génération les maisons princières d’Europe dégénèrent un peu plus. En Bavière cela prit un caractère tragique, car ils devenaient fous à tour de rôle. En fin de compte, tous ces princes européens ont une origine commune. Il remonte tous, une façon ou d’une autre, aux Carolingiens. Les princes autrichiens avaient plus de chances que les autres, car il leur était permis de prendre femme dans le peuple. J’admire la patience des peuples capables de supporter toutes ces chinoiseries. La coutume de se prosterner devant des princes présente cet unique avantage qu’ainsi le peuple n’avait jamais l’occasion de contempler ces faces de crétins ! [25]

[1Adolf Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, Éd. Flammarion, Col. « Le temps présent », Trad. François Genoud, Paris, t. 2, p. 150-151.

[2Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.155-156.

[3Guy Hermet, La Guerre d’Espagne, Éditions du Seuil, 1989, p. 163-164.

[4Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.156.

[5Guy Hermet, La Guerre d’Espagne, Éditions du Seuil, 1989. p. 304-305.

[6Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.156.

[7Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.175-176.

[8Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.201-202.

[9Guy Hermet, La Guerre d’Espagne, Éditions du Seuil, 1989. p. 303-304.

[10Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.202.

[11Guy Hermet, La Guerre d’Espagne, Éditions du Seuil, 1989, p. 305-306.

[12Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.202-203.

[13Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.203.

[14cité par Guy Hermet in La Guerre d’Espagne, p. 108.

[15Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 203-204.

[16Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.237.

[17Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 238.

[18Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 238-239.

[19Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 239.

[20Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 239.

[21Guy Hermet, La Guerre d’Espagne, p. 171-172.

[22Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 295.

[23Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 320-321.

[24Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p. 321.

[25Adolf Hitler, Libres propos, t.2, p.321.


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