Les textes de ce site légitimiste n'engagent aucunement la personne de Louis XX
Vive le Roy
Unir les peuples de France dans l’amour du Roi
>
Accueil du site > Référentiel > Saint Thomas d’Aquin ou la foi et la raison, par Guy AUGÉ (1974)

Saint Thomas d’Aquin ou la foi et la raison, par Guy AUGÉ (1974) Enregistrer au format PDF

Le thomisme est une méthode, pas un système

Version du 15 novembre 2009 , par MabBlavet

Comme la loi révélée, la loi naturelle est aussi une manifestation de la volonté divine. Si l’Église est la gardienne du dépôt de la Révélation, la loi naturelle est quant à elle accessible à toute intelligence par l’observation du réel. Or la politique est naturelle comme la Cité ; aussi, lorsqu’il traite de sciences politiques, saint Thomas n’hésite pas à intégrer la pensée des sages païens tant Foi et raison ne sauraient se contredire. Rompant avec le providentialisme augustiniste de son temps, sans tomber dans le naturalisme d’un Siger de Brabant, il réévalue cette nature humaine que la Grâce accomplit sans jamais l’abroger.

 Un thomisme peu et mal connu [titre de VLR]

Il y a exactement sept cents ans [1], Thomas d’Aquin mourait au couvent bénédictin de Fossanova, âgé de 49 ans. Il laissait une œuvre prodigieusement importante, où la mystique la plus pure s’alliait aux spéculations philosophiques les plus audacieuses de la Chrétienté contemporaine.

Mais on se tromperait lourdement en imaginant que son ascension fut triomphante et irrésistible dès le XIIIe siècle ; il connut en réalité tour à tour le succès, les critiques, les condamnations… Même après sa canonisation par le pape d’Avignon Jean XXII (en 1323), ses positions doctrinales restèrent très controversées.

Précisément parce que cet auteur a suscité de grands enthousiasmes et d’irréductibles allergies, une “question saint Thomas” se pose : symbole du cléricalisme dogmatique et de l’obscurantisme médiéval aux yeux des uns, il est, pour d’autres, l’intellectuel par excellence, le philosophe achevé.

C’est surtout à partir de l’encyclique Aeterni Patris de 1879 que l’Église catholique a privilégié sa philosophie. Mais d’être ainsi promu au rang de « Docteur commun de l’Église » fut, au dire du P. Chenu, « la plus grande catastrophe qui pouvait lui arriver ». Le fait est que, pour certains esprits prévenus, une telle étiquette équivaut a priori au discrédit d’un philosophe.

Par ailleurs, convenons-en, les thomistes ont souvent causé du tort à saint Thomas ; beaucoup d’ecclésiastiques et de moralistes, qui n’échappaient pas, au fond, à l’attraction des philosophies modernes idéalistes et rationalistes, ont qualifié de “thomisme” un peu n’importe quoi ; d’autres, comme le P. Chenu lui-même, sous prétexte que saint Thomas, au XIIIe siècle, avait “baptisé” Aristote, ont cru possible et souhaitable, mutatis mutandis, d’opérer un baptême analogue avec la grande pensée subversive de notre temps, celle de Marx. Il importe d’être prévenu de ces errements, souvent présents chez les mieux intentionnés, pour essayer d’apprécier l’Aquinate comme il le mérite et se demander en quoi réside son actualité.

Nous tenterons de dégager sommairement l’originalité de saint Thomas en son temps, puis d’examiner ce qu’il continue d’apporter au nôtre.

Notes

[1] Article tiré de La Lettre aux amis de la Légitimité, N°14, Juillet 1974.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé