Vive le Roy
Unir les peuples de France dans l’amour du Roi
De l’usage du titre de duc d’Anjou
La famille Orléans n’a jamais hésité à recourir aux pires expédients pour tenter de justifier ses vaines prétentions dynastiques. Jean Foyer, ancien Garde des Sceaux du Général de Gaulle, réfute un par un leurs arguments fallacieux. Par exemple, il montre la fragilité de l’argument de service rendu à la France par cette famille en produisant une pièce accablante : en 1942, Henri d’Orléans père de l’appelant propose ses services à Adolf Hitler « pour établir en Europe un ordre nouveau » dans l’espoir pathétique d’une reconnaissance du Fürher. Quand les princes d’Orléans comprendront-ils que la seule manière de recouvrer l’honneur est de servir le Roi, celui désigné par les Lois Fondamentales du Royaume : Louis XX.
L’œcuménisme politique tue la tradition
1883 marquait la mort d’Henri V comte de Chambord, successeur direct de Charles X. Selon les Lois Fondamentales du Royaume, la Couronne passait à la branche aînée d’Anjou, mais la branche cadette d’Orléans, s’appuyant sur un très révolutionnaire principe des nationalités, réussit à rallier la majorité des légitimistes. Cet œcuménisme politique entre un légitimisme traditionnel et un orléanisme d’essence libérale ne devait échouer qu’à former le bloc conservateur de la IIIe République. Pire, « l’effacement du légitimisme intransigeant ne laissait plus subsister en France (y compris chez les monarchistes) que des traditions révolutionnaires. » Nous commençons ici la publication d’une importante étude de l’historien du droit Guy Augé intitulée Succession de France et règle de nationalité.
La sagesse perdue des anciens rois
À l’instar du Pape et de l’Empereur d’Autriche-Hongrie, mettre fin à la monstrueuse boucherie de la Grande Guerre constitue le principal souci d’Alphonse XIII d’Espagne (Alphonse Ier de France). A contrario les démocraties européennes, en proie à l’idéologie nationaliste, exécutent servilement la politique populicide du président américain Wilson. La guerre permet à ce dernier d’abattre la puissante Europe chrétienne par l’éradication de ses dernières monarchies et par l’instauration d’une Société Des Nations aisément manipulable. L’historien et ancien diplomate Paul Del Perugia révèle ici le combat d’Alphonse XIII pour la paix et contre l’asservissement de l’Europe.
à l’usage de ceux qui vont voter
Si dans la pensée traditionnelle l’objet de tout bon gouvernement est de rendre les hommes vertueux afin de réaliser le bien commun, tel n’est pas le cas de la démocratie. De l’antiquité à nos jours, dans un souverain mépris du peuple, celle-ci a toujours promu structurellement le vice et la médiocrité. Aussi la critique hilarante de la démocratie athénienne par Aristophane résonne-t-elle étrangement avec la pensée politique du socialiste Georges FRÊCHE qui, avec son franc-parler, exprime bien fort ce que tout candidat aux élections pense tout bas : les électeurs ne sont que des « cons » qu’il s’agit « d’engrainer ».
Que vaut la vie humaine en 1793 ?
C’est le très républicain Prudhomme qui nous livre cette enquête. Alors que la Terreur organisée par la 1re République livre le Pays à la délation et aux pires atrocités, les Toulonnais en appellent aux Anglais pour les libérer. L’armée révolutionnaire qui vient d’anéantir Lyon marche sur Toulon et triomphe facilement. Ivres d’idéologie, les “Représentants du peuple” y appliquent consciencieusement le programme de dépopulation de la Convention. Pourquoi nous cache-t-on aujourd’hui ces massacres (plus de 14000 victimes à Toulon) alors même que la République prêche le devoir de mémoire et se permet des leçons de vertu à des gouvernements étrangers tout aussi irrespectueux de la vie humaine ?
29 janvier 1914 - 29 décembre 1926
Oui les papes Pie X et Pie XI ont légitimement condamné des ouvrages fondamentaux de Charles Maurras comme contraires à la Foi − l’étude de Faoudel et Savéan* le montre clairement. Cependant, Pie XI aurait dû argumenter ce décret. Or non seulement aucune justification ne fut donnée, mais les catholiques maurrassiens durent subir une persécution impitoyable de la part d’un certain clergé pro-démocrate-chrétien revigoré par la condamnation de ses adversaires. Cette absence de mise au point semble bien expliquer la pérennité, tant du libéralisme catholique qui triomphe au funeste concile Vatican II, que du national-catholicisme qui gangrène les milieux de la tradition jusqu’à aujourd’hui.
Le piège fatal du suffrage universel
Nombreux sont les catholiques et/ou les monarchistes qui, par le biais du suffrage universel, espèrent restaurer la cité traditionnelle ― ou au moins freiner la révolution. Il suffirait pour cela d’une campagne électorale, ou d’un “lobbying” bien mené. Difficile en effet de résister à la tentation de prendre l’adversaire à son propre piège, en utilisant l’arme qu’il met à notre disposition : le vote. Et pourtant, ce serait se méprendre tragiquement sur la nature de cette arme qui corrompt tous ceux qui en usent.
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 94
Immuable, la loi naturelle est commune à tous les peuples. Ses préceptes jouent vis-à-vis de l’action humaine le même rôle que les principes premiers vis-à-vis des sciences. Elle est universellement accessible à la raison : « il y a en tout humain une inclination naturelle à agir conformément à sa raison, ce qui est proprement agir selon la vertu. » Lui appartient ce que l’instinct naturel apprend à tous les animaux : l’union du mâle et de la femelle, le soin des petits, la conservation de la vie etc. Lui appartient aussi tout ce qui relève d’un désir conforme à notre nature propre d’être raisonnable : éviter l’ignorance, ne pas nuire au prochain …
Comment instrumentaliser les catholiques
Dans le monde royaliste on présente volontiers Maurras comme le restaurateur des principes monarchiques sur des bases rationnelles. Dans le monde catholique on fait de ce penseur agnostique un champion du droit naturel qui a défendu l’Église, de l’extérieur contre les attaques républicaines, et de l’intérieur contre le catholicisme libéral. Or, sur les plans politique et religieux, le Maître de l’Action Française revendique sa filiation à plusieurs philosophies et doctrines dont le Positivisme, l’Empirisme organisateur et le Nationalisme. Nous analyserons ici les fondements du modèle monarchique maurrassien ainsi que sa pertinence en tant que solution alternative à la monarchie traditionnelle de droit divin.
Droit divin ou souveraineté populaire ?
En matière de souveraineté, il n’y a d’autre choix qu’entre l’hétéronomie et l’autonomie politique. L’hétéronomie est la reconnaissance d’un ordre extérieur à la volonté humaine et auquel tout homme doit se soumettre. Si en plus, on reconnaît que cet ordre vient d’un Dieu créateur alors on parle de droit divin. La modernité consiste en la négation d’un ordre divin, elle déclare l’homme affranchi de toute loi naturelle à laquelle elle ne croit plus. Désormais, c’est l’homme qui fera la loi sans aucune référence autre que lui-même : le législateur parlera au nom du peuple ou de la nation mais n’imposera en réalité que la logique de son idée, son idéologie.
Titre et armes de Louis de Bourbon
1989, le prince Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou, aîné de la Maison de Bourbon ― et à ce titre Roi de France ― meurt dans un accident. Le jeune Louis XX succède à son père et reprend le titre de duc d’Anjou. Alors la branche cadette d’Orléans ― en la personne de l’actuel Comte de Paris ― s’attaque à l’orphelin âgé de 15 ans pour lui contester devant le tribunal le droit de porter ce titre. Lors du procès, Louis XX est défendu par Jean Foyer, grand juriste et ancien ministre de la République converti à la légitimité. Voici la plaidoirie qui a fait triompher le droit de l’adolescent.
Condamnation du national-socialisme
Dès 1937, le pape Pie XI et le futur Pie XII ― principal rédacteur de l’Encyclique ― dénoncent la modernité nationale-socialiste et la guerre d’extermination que Hitler mène contre l’Église. « Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine […] quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi. »
Consignes pour une société heureuse
Loin de l’image véhiculée par les romans, le Testament politique révèle un ministre soucieux du concours de chacun au bien commun selon un effort proportionnel à son rang. Ainsi il énonce au Roi ses devoirs et lui prodigue des conseils dans le gouvernement des ordres de son Royaume. Le Cardinal lui rappelle aussi que, devant le tribunal céleste, on est d’abord jugé à l’aune du zèle qu’on a manifesté à accomplir sa charge publique avec justice. Assurément, le droit divin constitue la clé de voûte de la société : « Le règne de Dieu est le principe du gouvernement des États ; et en effet c’est une chose si absolument nécessaire, que sans ce fondement il n’y a point de Prince qui puisse bien régner, ni d’État qui puisse être heureux. »
Louis-Philippe-Joseph d’Orléans (1747-1793)
Pourquoi existe-t-il des orléanistes ? Pourquoi ne croient-ils pas Philippe Égalité qui avoue être le fils d’un cocher ? « Vous savez bien, Mirabeau, que ces titres de prince et d’altesse ne me conviennent pas, que je les ai reniés depuis longtemps, et que, depuis longtemps ; je ne rougis plus de Montfort le cocher. » Pourquoi, eux qui ignorent le principe d’indisponibilité de la Couronne, ne reconnaissent-ils pas ses renonciations publiques ? « je déclare que je déposerai sur le bureau ma renonciation formelle aux droits de membre de la dynastie régnante, pour m’en tenir à ceux de citoyen français. » Ne serait-ce pas qu’à l’instar d’Égalité qui vote la mort de Louis XVI, ils sacrifient eux-aussi la monarchie traditionnelle de droit divin sur l’autel de l’idéologie ? « convaincu que tous ceux qui ont attenté ou attenteraient par la suite à la souveraineté du peuple méritent la mort, je vote la mort. »
genèse de l’institution royale
Ce cours dispensé à l’Université de Rennes I retrace la genèse de l’institution royale. Les constitutions modernes présentent un aspect artificiel car elles sont promulguées a priori et souvent inspirées par une idéologie, autrement dit, par une tentative de soumettre le réel à la volonté de l’homme. À l’opposé, la constitution de l’ancienne France apparaît naturelle, elle s’établit au gré des circonstances et de manière empirique : une difficulté survient, la solution adoptée devient une loi intangible qui oblige désormais et le roi et son peuple. Nous livrons ce travail tel qu’il est paru dans La Gazette Royale.
irrationnelle modernité
Pour le philosophe américain Éric Vœgelin, la gnose est le principe de la Révolution ; plus, « la propagande gnostique consiste dans l’action politique et non pas dans une quête de la vérité au sens théorique. » En effet, au révolutionnaire peu importe la vérité, il s’agit de convaincre, aussi s’efforce-t-il de cantonner le combat sur le terrain de l’agitation politique ─ campagnes, slogans, pétitions, élections pour se lier l’opinion. Si d’aventure on porte le combat dans le domaine rationnel, on n’est jamais réfuté mais dénigré, marginalisé, intimidé, preuve que l’ennemi redoute plus que tout le débat théorique, et le pouvoir démystificateur de la philosophie traditionnelle.
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 93
Oui Dieu a créé tous les êtres avec des natures propres, c’est à dire des lois propres qui leur permettent de réaliser leur fin propre. Oui l’homme est doué d’une raison qui d’une part le rend capable de connaître les lois et la fin de sa nature, et qui d’autre part le laisse libre d’y conformer sa vie − autrement dit de participer ou non à la loi éternelle. Oui la connaissance est bonne car elle participe de la compréhension du monde tel qu’il a été voulu par Dieu et il ne saurait y avoir opposition entre foi et raison. La loi éternelle est donc l’étalon des lois humaines et « Toutes les lois, quelles qu’elles soient, dérivent de la loi éternelle dans la mesure même où elles procèdent de la raison droite. »
De l’universalité du combat légitimiste
Cette petite étude sur le “légitimisme” espagnol n’envisage la question que du coté espagnol. Chacun sait que le carlisme espagnol s’est “télescopé” avec le légitimisme français pendant de nombreuses années. Le lecteur établira lui-même la concordance entre les princes qui furent, à la fois, aînés de la Maison de France et aînés de la Maison d’Espagne.
La terreur comme instrument de pouvoir
Le texte suivant montre que le journaliste Louis-Marie Prudhomme (1752-1830) n’est pas vraiment royaliste, mais il donne une idée des massacres commis à Lyon par la Convention pendant la Terreur en 1794. Pour asseoir sa domination, le premier soin du pouvoir révolutionnaire est d’établir ou de consolider des sociétés de pensée (ou Clubs) constitués de ratés, d’aigris et de marginaux. Ce sont ces mêmes personnages qui, plus tard dans les Tribunaux révolutionnaires, décideront qui doit mourir, imagineront les supplices et exécuteront les condamnés. L’héroïque résistance des Lyonnais se solde, selon Prudhomme, par plus de trente mille victimes de tout sexe, de tout âge et de toutes conditions.
ou l’apostasie de la démocratie royale
En 1789, les États Généraux se déclarent « représentants de la nation » et s’érigent en Assemblée constituante. En 1791 l’Assemblée promulgue une constitution écrite réalisant le rêve d’autonomie de la modernité : abolir la monarchie de droit divin pour établir une monarchie constitutionnelle fondée sur l’idéologie de la souveraineté nationale. Louis XVI se trouve alors dans une position intenable : par le serment du sacre il reconnaît que son autorité vient de Dieu, par le serment à la Constitution il admet qu’elle vient de la Nation. Si cette monarchie constitutionnelle ne survit que quelques mois, son principe d’autonomie inspirera largement la doctrine orléaniste d’une royauté révolutionnaire.