Vive le Roy
Unir les peuples de France dans l’amour du Roi
Comment instrumentaliser les catholiques
Dans le monde royaliste on présente volontiers Maurras comme le restaurateur des principes monarchiques sur des bases rationnelles. Dans le monde catholique on fait de ce penseur agnostique un champion du droit naturel qui a défendu l’Église, de l’extérieur contre les attaques républicaines, et de l’intérieur contre le catholicisme libéral. Or, sur les plans politique et religieux, le Maître de l’Action Française revendique sa filiation à plusieurs philosophies et doctrines dont le Positivisme, l’Empirisme organisateur et le Nationalisme. Nous analyserons ici les fondements du modèle monarchique maurrassien ainsi que sa pertinence en tant que solution alternative à la monarchie traditionnelle de droit divin.
Droit divin ou souveraineté populaire ?
En matière de souveraineté, il n’y a d’autre choix qu’entre l’hétéronomie et l’autonomie politique. L’hétéronomie est la reconnaissance d’un ordre extérieur à la volonté humaine et auquel tout homme doit se soumettre. Si en plus, on reconnaît que cet ordre vient d’un Dieu créateur alors on parle de droit divin. La modernité consiste en la négation d’un ordre divin, elle déclare l’homme affranchi de toute loi naturelle à laquelle elle ne croit plus. Désormais, c’est l’homme qui fera la loi sans aucune référence autre que lui-même : le législateur parlera au nom du peuple ou de la nation mais n’imposera en réalité que la logique de son idée, son idéologie.
Titre et armes de Louis de Bourbon
1989, le prince Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou, aîné de la Maison de France ― et à ce titre Roi de France ― meurt dans un accident. Le jeune Louis XX succède à son père et reprend le titre de duc d’Anjou. Alors la branche cadette d’Orléans ― en la personne de l’actuel Comte de Paris ― s’attaque à l’orphelin âgé de 15 ans pour lui contester devant le tribunal le droit de porter ce titre. Lors du procès, Louis XX est défendu par Jean Foyer, grand juriste et ancien ministre de la République converti à la légitimité. Voici la plaidoirie qui a fait triompher le droit de l’adolescent.
Condamnation du national-socialisme
Dès 1937, le pape Pie XI et le futur Pie XII ― principal rédacteur de l’Encyclique ― dénoncent la modernité nationale-socialiste et la guerre d’extermination que Hitler mène contre l’Église. « Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine […] quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi. »
Consignes pour une société heureuse
Loin de l’image véhiculée par les romans, le Testament politique révèle un ministre soucieux du concours de chacun au bien commun selon un effort proportionnel à son rang. Ainsi il énonce au Roi ses devoirs et lui prodigue des conseils dans le gouvernement des ordres de son Royaume. Le Cardinal lui rappelle aussi que, devant le tribunal céleste, on est d’abord jugé à l’aune du zèle qu’on a manifesté à accomplir sa charge publique avec justice. Assurément, le droit divin constitue la clé de voûte de la société : « Le règne de Dieu est le principe du gouvernement des États ; et en effet c’est une chose si absolument nécessaire, que sans ce fondement il n’y a point de Prince qui puisse bien régner, ni d’État qui puisse être heureux. »
Louis-Philippe-Joseph d’Orléans (1747-1793)
Pourquoi existe-t-il des orléanistes ? Pourquoi ne croient-ils pas Philippe Égalité qui avoue être le fils d’un cocher ? « Vous savez bien, Mirabeau, que ces titres de prince et d’altesse ne me conviennent pas, que je les ai reniés depuis longtemps, et que, depuis longtemps ; je ne rougis plus de Montfort le cocher. » Pourquoi, eux qui ignorent le principe d’indisponibilité de la Couronne, ne reconnaissent-ils pas ses renonciations publiques ? « je déclare que je déposerai sur le bureau ma renonciation formelle aux droits de membre de la dynastie régnante, pour m’en tenir à ceux de citoyen français. » Ne serait-ce pas qu’à l’instar d’Égalité qui vote la mort de Louis XVI, ils sacrifient eux-aussi la monarchie traditionnelle de droit divin sur l’autel de l’idéologie ? « convaincu que tous ceux qui ont attenté ou attenteraient par la suite à la souveraineté du peuple méritent la mort, je vote la mort. »
genèse de l’institution royale
Ce cours dispensé à l’Université de Rennes I retrace la genèse de l’institution royale. Les constitutions modernes présentent un aspect artificiel car elles sont promulguées a priori et souvent inspirées par une idéologie, autrement dit, par une tentative de soumettre le réel à la volonté de l’homme. À l’opposé, la constitution de l’ancienne France apparaît naturelle, elle s’établit au gré des circonstances et de manière empirique : une difficulté survient, la solution adoptée devient une loi intangible qui oblige désormais et le roi et son peuple. Nous livrons ce travail tel qu’il est paru dans La Gazette Royale.
irrationnelle modernité
Pour le philosophe américain Éric Vœgelin, la gnose est le principe de la Révolution ; plus, « la propagande gnostique consiste dans l’action politique et non pas dans une quête de la vérité au sens théorique. » En effet, au révolutionnaire peu importe la vérité, il s’agit de convaincre, aussi s’efforce-t-il de cantonner le combat sur le terrain de l’agitation politique ─ campagnes, slogans, pétitions, élections pour se lier l’opinion. Si d’aventure on porte le combat dans le domaine rationnel, on n’est jamais réfuté mais dénigré, marginalisé, intimidé, preuve que l’ennemi redoute plus que tout le débat théorique, et le pouvoir démystificateur de la philosophie traditionnelle.
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 93
Oui Dieu a créé tous les êtres avec des natures propres, c’est à dire des lois propres qui leur permettent de réaliser leur fin propre. Oui l’homme est doué d’une raison qui d’une part le rend capable de connaître les lois et la fin de sa nature, et qui d’autre part le laisse libre d’y conformer sa vie − autrement dit de participer ou non à la loi éternelle. Oui la connaissance est bonne car elle participe de la compréhension du monde tel qu’il a été voulu par Dieu et il ne saurait y avoir opposition entre foi et raison. La loi éternelle est donc l’étalon des lois humaines et « Toutes les lois, quelles qu’elles soient, dérivent de la loi éternelle dans la mesure même où elles procèdent de la raison droite. »
De l’universalité du combat légitimiste
Cette petite étude sur le “légitimisme” espagnol n’envisage la question que du coté espagnol. Chacun sait que le carlisme espagnol s’est “télescopé” avec le légitimisme français pendant de nombreuses années. Le lecteur établira lui-même la concordance entre les princes qui furent, à la fois, aînés de la Maison de France et aînés de la Maison d’Espagne.
La terreur comme instrument de pouvoir
Le texte suivant montre que le journaliste Louis-Marie Prudhomme (1752-1830) n’est pas vraiment royaliste, mais il donne une idée des massacres commis à Lyon par la Convention pendant la Terreur en 1794. Pour asseoir sa domination, le premier soin du pouvoir révolutionnaire est d’établir ou de consolider des sociétés de pensée (ou Clubs) constitués de ratés, d’aigris et de marginaux. Ce sont ces mêmes personnages qui, plus tard dans les Tribunaux révolutionnaires, décideront qui doit mourir, imagineront les supplices et exécuteront les condamnés. L’héroïque résistance des Lyonnais se solde, selon Prudhomme, par plus de trente mille victimes de tout sexe, de tout âge et de toutes conditions.
ou l’apostasie de la démocratie royale
En 1789, les États Généraux se déclarent « représentants de la nation » et s’érigent en Assemblée constituante. En 1791 l’Assemblée promulgue une constitution écrite réalisant le rêve d’autonomie de la modernité : abolir la monarchie de droit divin pour établir une monarchie constitutionnelle fondée sur l’idéologie de la souveraineté nationale. Louis XVI se trouve alors dans une position intenable : par le serment du sacre il reconnaît que son autorité vient de Dieu, par le serment à la Constitution il admet qu’elle vient de la Nation. Si cette monarchie constitutionnelle ne survit que quelques mois, son principe d’autonomie inspirera largement la doctrine orléaniste d’une royauté révolutionnaire.
La forme du régime politique est-elle neutre ?
La république moderne légitime son pouvoir par son caractère rationnel, voire scientifique, et lui oppose l’irrationalité d’une monarchie traditionnelle légitimée par le droit divin. Que faut-il comprendre par “rationalité du pouvoir” dans la république ? Qu’est ce que cette autorité que revendique la monarchie traditionnelle ? il y a deux siècles tous les peuples vivaient sous des monarchies traditionnelles, comment expliquer alors l’expansion mondiale et apparemment inexorable des régimes républicains démocratiques ou autocratiques (présidents à vie) ? Y aurait-il une affinité entre la modernité et la république ?
ou la nature de la monarchie
Les parlements sont des cours de justice fondées par Philippe le Bel pour conseiller le roi et l’aider à rendre justice. Au XVIIIe siècle, les parlements, imbus des idées nouvelles et jaloux de leurs privilèges, prétendent constituer un corps unique, indépendant du souverain et seul vrai représentant des intérêts de la nation. De régime de conseil, la monarchie menace de dériver vers un régime d’opposition. Las de ces prétentions, des grèves et des obstructions permanentes des magistrats à sa politique de réformes, Louis XV a recours à un lit de justice. Le souverain y réaffirme les principes de la monarchie absolue de droit divin : son hétéronomie et l’unité fondamentale du roi et de son peuple.
Sur le Ralliement de l’Eglise à la République
Afin de préparer les esprits à sa politique de Ralliement de l’Église à la République, le pape Léon XIII charge le cardinal Lavigerie d’une déclaration fracassante. En effet, outrepassant le domaine imparti à son autorité spirituelle, le Pape s’apprête à promulguer l’Encyclique Au milieu des sollicitudes (1892) qui contraint les catholiques à accepter la République athée et persécutrice. Or le Seigneur nous a donné un critère infaillible pour évaluer une politique : « vous jugerez l’arbre à ses fruits ». Plus d’un siècle s’est écoulé et le bilan est désastreux : non seulement la République n’est pas baptisée, mais l’apostasie est générale et les catholiques ultra-minoritaires. En cela, le Ralliement de 1892 préfigure cet autre ralliement de l’Église à l’esprit du monde, le tout aussi calamiteux Concile Vatican II.
Somme théologique 1a-2ae, La loi, question 92
On rencontre souvent de ces gens qui s’estiment dispensés d’obéir aux lois sous prétexte qu’elles proviennent d’un gouvernement mauvais. Or, dans la mesure où elles ne s’opposent pas aux commandements de Dieu (voir Question 96), les lois humaines obligent chacun car elles ont pour effet de rendre les hommes bons. Même une loi injuste est bonne relativement, en ce qu’elle développe en nous cette vertu d’obéissance, ciment de toute société humaine. Saint Thomas insiste : « puisque tout homme est une partie de la cité, il est impossible qu’un homme soit bon s’il n’est pas proportionné au bien commun ».
Des faits jusqu’au mythe
Les malheurs viennent souvent d’une autorité faible qui n’ose pas s’imposer pour établir la justice. Or les crimes impunis enhardissent les voyous qui terrorisent la population et finissent par régner en maîtres ; ainsi Louis XVI laissa-t-il s’installer l’anarchie dans son Royaume. Brentano revient ici sur ces circonstances qui ont conduit au 14 juillet. « On a dit que la Bastille avait été prise par le peuple de Paris. Le nombre des assiégeants s’éleva à un millier tout au plus, parmi lesquels, comme l’a déjà fait observer Marat, beaucoup de provinciaux et d’étrangers. Quant aux Parisiens, ils étaient, comme toujours, venus en assez grand nombre voir ce qui se passait. »
Le droit naturel, trait d’union des peuples
L’effondrement récent des dictatures de quelques États d’Afrique du Nord a suscité d’immenses espoirs pour leurs peuples. Que ceux-ci prennent cependant bien garde de ne point succomber aux pressions démocratiques occidentales. En effet, que les révolutions soient autocratiques ― comme celles d’un Napoléon, d’un Bouteflika ou d’un Moubarak ― ou démocratiques, toutes conduisent à l’obéissance servile, les unes par la violence, les autres par anesthésie. En son temps, Ahmed Atif Efendi ― haut fonctionnaire de l’Empire Ottoman ― avait très bien saisi la véritable nature de la Révolution, et sa remarquable analyse demeure plus que jamais d’actualité.
Introduction à la sociologie du phénomène démocratique
Entrer dans une société de pensée suppose d’abdiquer son identité et sa connaissance du vrai pour épouser l’opinion qu’elle élabore et fonde son unité. Cette uniformisation de la pensée octroie à chaque membre le droit de parler au nom du peuple, de la patrie, du prolétariat. En contrepartie, aucune voix divergente n’est tolérée ― elle menacerait l’union ― et tout récalcitrant à la vérité du jour est impitoyablement diabolisé et persécuté. Dans sa forme paroxystique, la société de pensée au pouvoir instaure la Terreur, régime de délation et d’épuration. Mais d’autres méthodes plus anodines caractérisent aussi ces sociétés révolutionnaires. Combien se sont perdus pour les avoir méconnues en recherchant par exemple des unions œcuméniques artificielles aux dépens des principes.
Genèse de la « monarchie administrative »
En France, loin d’agir arbitrairement, le roi gouverne « à grand conseil ». Pour se faire aider dans sa tâche il utilise des institutions anciennes (comme les officiers, par exemple le chancelier) ou nouvelles (comme les commissaires, par exemple le contrôleur général ou les intendants des provinces). Ainsi, une administration spécialisée et efficace se constitue peu à peu sans jamais toutefois devenir pléthorique : à la veille de la Révolution, on est étonné de ne compter que 60 000 agents titulaires de charges. Nous livrons ici ce cours tel qu’il est enseigné à la faculté de droit de l’Université de Rennes I et tel qu’il est paru dans le journal La Gazette Royale.