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La subversion par les pamphlets politiques, par Roger MUCCHIELLI

Comment susciter le mépris envers l’autorité
dimanche 27 janvier 2013 par Faoudel Enregistrer au format PDF

La subversion a toujours existé comme technique de désorganisation d’une société, affaiblissement de son autorité et démoralisation de ses citoyens. Mais depuis l’apparition de la modernité, elle est devenue l’arme implacable des idéologies à l’encontre de toutes les sociétés traditionnelles, ces sociétés hétéronomes dont l’ordre et les normes ne sont pas issus du seul vouloir humain. Nous avons affaire ici à une lutte sans merci contre la loi naturelle et contre les autorités qui la défendent. Il s’agit donc de mettre en lumière les procédés utilisés pour les combattre efficacement.

Introduction de viveleroy

Extrait de La subversion, CLC, Paris, 1976, p.8-20.
AVERTISSEMENT : Les titres ont été ajouté par VLR pour faciliter la lecture en ligne.

Une vieille arme : la subversion

Définition

Subversion (du latin subvertere, bouleverser, renverser) signifie étymologiquement renversement de l’ordre établi.

Mais, en tant que technique spécifique (ce qui d’ailleurs la dissocie de toute idéologie et la met au service de n’importe quelle cause),

  • la subversion n’est ni une agitation, ni même une propagande politique proprement dite, elle n’est pas un complot armé ni un effort de mobilisation des masses ;
  • elle est une technique d’affaiblissement du pouvoir et de démoralisation des citoyens ;
  • cette technique est fondée sur la connaissance des lois de la psychologie et de la psychosociologie, parce qu’elle vise autant l’opinion publique que le pouvoir et les forces armées dont il dispose.
  • Elle est action sur l’opinion par des moyens subtils et convergents que nous décrirons.

La subversion est donc plus insidieuse que séditieuse. La ruine de l’État (lorsqu’il s’agit de subversion intérieure) ou la défaite de l’ennemi (lorsqu’il s’agit de subversion organisée de l’extérieur) sont poursuivies et obtenues par des voies radicalement différentes de la révolution (entendue au sens d’affrontement populaire) et de la guerre (entendue au sens d’affrontement entre les armées adverses et de bataille territoriale).

  • L’État visé s’effondrera de lui-même, dans l’indifférence de la « majorité silencieuse » (car celle-ci est un produit de la subversion) ;
  • l’armée ennemie cessera d’elle-même de combattre parce qu’elle sera complètement démoralisée et malade du mépris qui l’entoure ;
  • le chef qui aura tenté de maintenir l’ordre ou le cadre qui se sera opposé aux agents subversifs, ou encore les gouvernants élus antérieurement,... tous s’en iront d’eux-mêmes, personne ne les aura officiellement chassés ; ils partiront tout seuls, sous l’œil indifférent de la population, par l’effet du pourrissement de toute autorité.

C’est là l’originalité et l’extraordinaire valeur de la subversion, moyen « économique » au sens où elle ne nécessite pas de gros investissements matériels et financiers, où elle n’a besoin que de peu d’armes et de peu de gens pour réussir. C’est affaire de matière grise d’abord, de science et de savoir-faire.

Organiser le mépris de l’adversaire

Depuis qu’il y a des hommes et qui pensent (comme disait La Bruyère), l’idée de réduire l’adversaire à merci en organisant autour de lui le mépris ou en décourageant les gens de combattre pour son service est venue spontanément à beaucoup d’esprits et a inspiré beaucoup d’entreprises. De façon tout à fait empirique, des génies malveillants ou poussés par la foi en leur propre cause, ont perfectionné très tôt et érigé en système le commérage, le racontar, la calomnie, (et autres perfides exploitations des petits faits de la vie quotidienne contre le voisin) qui, eux, ont dû se développer dans l’espèce humaine en même temps que le langage.

Sur le plan militaire, on eut, dès les temps les plus reculés, l’idée d’envoyer sur le territoire de l’adversaire des individus capables de bien s’intégrer à la population, et chargés, en dehors de la mission d’espionnage, de répandre quelques informations démoralisantes ou quelques calomnies sur les chefs locaux. Cela faisait partie de ce qui s’appelait « les ruses de guerre », lesquelles comprenaient aussi — et surtout — les stratagèmes sur le champ de bataille.

Philippe de Macédoine l’utilise contre Athènes

L’avènement des empires et les buts de conquête territoriale à grande échelle permirent quelques perfectionnements de la méthode de pourrissement des États à conquérir. Selon Mégret [1], Philippe de Macédoine, le père d’Alexandre le Grand, mérite de rester dans l’Histoire pour la qualité de sa tactique psychologique au service de son ambition de conquête de la Grèce antique.

  • Son premier geste fut de soudoyer discrètement des groupes politiques qui, en Grèce, étaient par principe contre la guerre ; les « pacifistes » athéniens, groupés autour de Eubule, proclamaient que le temps des aventures était passé et que la Cité devait se consacrer aux seules œuvres de paix. Ces honnêtes intentions faisaient l’affaire de Philippe, et ses agents « noyautèrent » le parti des pacifistes.
  • Par ailleurs, le roi de Macédoine entreprit de renforcer et d’accélérer cette action en organisant la démoralisation du peuple athénien : rumeurs, campagnes de calomnies contre les chefs qui voulaient résister à l’influence macédonienne, corruption des petits chefs, pénétration de tous les partis politiques par ses agents, complétèrent la propagande des pacifistes subventionnés, et submergèrent l’opinion publique. « Ébranlement, désintégration, dissolution », tels furent les effets progressifs de son action psychologique sur l’État athénien.
  • On sait que Philippe y ajouta la séduction des intellectuels de l’époque en mettant au concours parmi eux le poste de précepteur de son fils Alexandre.

La contre-subversion de Démosthène

Parmi les Athéniens, Démosthène comprit ces manœuvres. Son intelligence de la situation, aiguisée par son patriotisme et son idéal de liberté, nous valut les célèbres discours contre Philippe, connus sous le nom de Philippiques et d’Olyntniennes (351-349 av. J.C). En termes modernes, on peut dire qu’il tenta d’opposer une contre-subversion à l’entreprise subversive de Philippe.

Dans ces discours, Démosthène dévoile les intentions réelles de Philippe et analyse sa tactique psychologique. Puis il secoue l’inertie des Athéniens et vilipende ceux qui, séduits, ont l’intention de « collaborer » avec le Macédonien. Il attaque de ses sarcasmes les généraux, les magistrats, les patriciens, et, dans certains passages, ses discours ont le ton de la propagande d’agitation et de mobilisation.

Ainsi, quatre siècles avant J.C., un homme courageux et lucide essayait de lutter contre l’impérialisme dévorant et rusé d’un voisin dangereux.

Il est intéressant de noter que, en 1938, juste avant Munich, à l’heure où Hitler misait sur le pacifisme et la décomposition des républiques pour réaliser sans coup férir l’invasion de la Tchécoslovaquie, une revue antihitlérienne de Paris put faire, sans qu’on s’en aperçoive, un montage des Philippiques de Démosthène qui paraissaient, sous cet habillage, de la plus dramatique actualité.

Le pamphlet politique et sa postérité

Cicéron, inventeur du genre « pamphlet politique »

Les Discours de Cicéron contre Marc-Antoine, que l’on compara aux Philippiques, ont aussi leur place dans un survol historique des modèles de subversion. Le célèbre orateur romain décida, vers 44 av. J.C., de « démolir » Marc-Antoine, général brutal et débauché qui, après l’assassinat de César, avait pris le pouvoir à Rome. Cicéron essaya de soulever l’indignation populaire et dévoila les traîtrises, les sacrilèges et les turpitudes de Marc-Antoine.

Il est probable que si Antoine fut déclaré « ennemi public » par Octave quelques années plus tard, ce fut par l’effet des discours de Cicéron (le 13e discours présente Antoine comme « ennemi de la patrie »).

La fin de l’orateur fut tragique comme on le sait, puisqu’Antoine, revenu au pouvoir par alliance avec Octave et Lépide, obtint la tête [2] de son accusateur. Il est vrai, ceci pour consoler les bonnes âmes, que la fin d’Antoine ne fut pas moins atroce quelques années plus tard.

Cicéron avait développé là un genre nouveau : le pamphlet [3] politique, dont le but est de déconsidérer le pouvoir et de le faire s’écrouler par la seule puissance du verbe agissant sur l’opinion.

Une longue histoire de Sénèque à Luther

Ne citons que pour mémoire la fameuse Apocoloquintose du divin Claude de Sénèque (qui circula anonyme vers 54 ou 55 ap. J.C. à l’occasion de la mort de l’empereur Claude) qui est plutôt une satire bouffonne et macabre contre l’empereur défunt.

Dans la ligne du pamphlet authentiquement subversif, d’autres maîtres du genre nous ont légué des chefs-d’œuvre. Il serait hors de propos d’en faire ici la généalogie.

Signalons au passage Luther dans ses écrits plus séditieux que subversifs, ceux qui appellent à l’insurrection contre l’oppression romaine, contre « les véritables Turcs qui sucent la moelle de la généreuse Allemagne », spécialement les écrits de 1520 : Appel à la nation allemande, La captivité babylonienne de l’Église, La liberté chrétienne, et le pamphlet À la noblesse allemande dans lequel il ressuscite, pour les utiliser, les vieilles aspirations gibelines dans le but de s’attirer la sympathie des princes indépendants, et lance l’appel général à la révolte contre les catholiques et la papauté. « Et pourquoi ne nous laverions-nous pas les mains dans leur sang ?  » avait-il déjà répondu à Prieras.

On connaît le résultat de la Révolte : un tiers de l’Allemagne ravagé, plus de mille couvents ou châteaux rasés, plus de 100 000 morts, ... après quoi Luther repart.

Le pamphlet comme arme de guerre idéologique

La technique s’affine

Mais c’est au XVIIIe siècle que le pamphlet devient une arme de guerre purement psychologique. Dans l’ouvrage Karl Marx et sa doctrine, traduit en français en 1937, Lénine conseillait aux jeunes militants de retrouver l’esprit subversif des grands encyclopédistes français :

Les écrits ardents, vifs, ingénieux, spirituels, des vieux athées du XVIIIe siècle qui attaquaient ouvertement la prêtraille régnante, s’avèrent bien souvent mille fois plus aptes à tirer les gens de leur sommeil religieux que les fastidieuses et arides redites du marxisme.

La « propagande philosophique » du XVIIIe siècle, alimentée matériellement par les imprimeries hollandaises qui organisent la contrebande des libelles, est une vaste campagne subversive contre les bases de la société politique et religieuse en place.

Selon D. Mornet [4], les Encyclopédistes ont, par leurs écrits, préparé la Révolution française. Ils ont d’ailleurs décrit eux-mêmes leur tactique :

  • d’Alembert a parlé de « sortes de demi-attaques, espèce de guerre sourde, qui sont les plus sages lorsqu’on habite les vastes contrées où l’erreur domine » ;
  • Naigeon et Condorcet ont expliqué comment « des articles détournés permettent de fouler aux pieds les préjugés religieux » : « Les erreurs respectées sont exposées avec des preuves faibles ou ébranlées par le seul voisinage des vérités qui en sapent les fondements. »
  • Après avoir exposé le problème avec une apparente bonne foi, il y a « les symboles transparents, les parenthèses, les insinuations, les ironies, et enfin les embuscades ».

On croirait lire d’avance la tactique de certains journaux français d’aujourd’hui et de certaines émissions de télévision.

Joseph de Maistre, l’émigré, a considéré la « philosophie » et les « philosophes » du XVIIIe siècle (nous dirions aujourd’hui les intellectuels « engagés ») comme « une puissance essentiellement désorganisatrice » et, théoricien réactionnaire de la Restauration, il a rêvé d’un ange exterminateur qui écraserait tous les disciples des Encyclopédistes.

Voltaire, le champion du pamphlet

C’est sans conteste Voltaire qui est, au XVIIIe siècle, le champion du pamphlet subversif. Le ton général, comme le dit G. Lanson, est l’irrespect. Rien n’échappe ni ne résiste à l’irrespect, ni la royauté avec sa majesté, ni l’Église avec sa sainteté.

La duchesse de Choiseul qui s’en irrite écrit :

L’emploi de l’esprit aux dépens de l’ordre public est une des plus grandes scélératesses parce que, de sa nature, elle est la plus impunissable ou la plus impunie.

Lefèvre de Beauvray, en 1770, dans son Dictionnaire social et patriotique, à l’article « Liberté », blâme aussi « cet esprit d’indépendance et de liberté qui mène à la subversion de tout ordre social. »

D. Mornet [5] caractérise ainsi la guerre psychologique menée par Voltaire :

La bataille a donc été en grande partie une bataille cachée... À l’abri de l’anonymat, il multiplie les attaques ; il y a plus de 200 de ces petits ouvrages, opuscules, feuilles volantes. Il y pousse à fond. L’ironie voltairienne se fait âpre, brutale, insolente. L’influence fut immense... Voltaire saisit les vices du système sans jamais construire une certitude.

Le travail fut tout entier de destruction.

Les effets dévastateurs de la guerre subversive

Le résultat fut rapide, Dès les années 1758-1763 en France, dit Mornet [6],

le pouvoir royal hésite à décider la répression. Les évêques l’y poussent, car ils constatent que dès qu’on laisse faire, l’audace des attaquants s’accroît. Mais quant à revenir à la rigueur des lois, on ne tarda pas à reconnaître qu’il n’y fallait pas songer : les directives ne trouvaient plus de fonctionnaires résignés et dociles.

Un vent d’indiscipline soufflait sur les bureaux de l’Administration, qui faisait craquer l’édifice entier...

  • Les affaires Calas et Sirven avaient soulevé l’indignation.
  • Des intendants, des gouverneurs,... à Grenoble, Poitiers, Bordeaux, Montauban, en Languedoc, etc., adjurent le ministre de permettre l’apaisement. Le Parlement de Toulouse lui-même [7] fait si bien amende honorable que, dès 1766, ses excès de tolérance inquiètent l’autorité royale...
  • La police, les autorités, ont contre elles de plus en plus toutes sortes de complaisances et de complicités soutenues par l’opinion toute entière. Des plus grands aux plus petits, on donne d’une main ce que l’on retire de l’autre ...
  • Malgré les saisies et les perquisitions de la Prévôté,... on vend les livres prohibés sous les galeries du château de Versailles ; on les vend sous les yeux de Leurs Majestés avec la complicité même des Grands, du prince de Lambesc par exemple, qui s’oppose bruyamment aux recherches de la police ...
  • La police, sans cesse tiraillée entre des ordres sévères et des prières de fermer les yeux, n’agit plus qu’avec incohérence, se discrédite et se démoralise.

La mode est aux propos séditieux ; il est de bon ton de fronder les actes du gouvernement,

de se déclarer partisan et protecteur du peuple, dont on proclame et provoque l’émancipation. La jeune noblesse, la première envahie par la contagion de l’esprit philosophique, se montrait disposée à faire bon marché du préjugé de la naissance et de ses autres privilèges [8].

L’agitation gagne l’enseignement : les écoles sont touchées par l’irréligion : les maîtres, du moins certains, favorisent cette agitation. Mornet ajoute :

Il est impossible de savoir dans quelle mesure les hardiesses de pensée des élèves sont le reflet de la pensée des professeurs. Il est fort probable que, le plus souvent, les élèves ne les consultaient pas pour lire Le système de la nature [9] ou se moquer des sermons de l’abbé Faucher. La curiosité, la discussion, le scepticisme venaient de partout et pas seulement des bergers chargés de conduire le troupeau. Mais il est pourtant certain que beaucoup de maîtres pensaient comme les élèves, ne faisaient rien pour les retenir, et même parfois les conduisaient délibérément sur les terres de la philosophie (c’est-à-dire de la nouvelle idéologie subversive [NDA]). [10]

La mode lancée avec tant d’audace et d’esprit par Voltaire et les Encyclopédistes, se répand comme une épidémie. Les escarmouches usent les autorités, et les frondeurs sont prompts à s’emparer des affaires judiciaires qu’ils transforment en scandales. Sur le modèle des procès de Calas, Sirven, Montbailly pour la condamnation d’innocents, du procès Goëzman pour la vénalité des juges, des douzaines et des douzaines d’« affaires » sont montées en épingle, donnant lieu à des libelles, pamphlets, mémoires pleins d’éloquence et d’insolence.

Tout est bon pour attaquer le pouvoir, et la violence des grossièretés vise le roi, la reine, et « les principes du gouvernement ». Les circonstances les plus imprécises sont exploitées, le chantage est devenu une arme publique ; les titres des gazettes sont édifiants : La gazette noire, L’espion des boulevards, L’observateur, etc. Tous sont « étrangement déchaînés » comme disait Bayle.

Paul-Louis Courier, le théoricien du pamphlet

Puisque nous survolons la lignée des pamphlétaires subversifs, n’omettons pas de nommer, au XIXe siècle, Paul-Louis Courier qui codifia un certain nombre de procédés.

Dans Le pamphlet des pamphlets (1824), dernier opuscule avant sa mort mystérieuse, Courier revendique, pour le genre qu’il perfectionna, les droits les plus étendus dans la littérature. Il déclare que le pamphlet a remplacé dorénavant les anciens discours sur la place publique contre les lois et décrets du pouvoir établi.

Il s’agit, écrit-il, de prendre le sujet du pamphlet dans un menu fait de la vie quotidienne, souvent même un commérage de la vie locale, puis, en considérant intentionnellement ce fait divers comme hautement significatif, il faut s’élever insensiblement jusqu’aux considérations politiques d’ordre général.

Naturellement, à l’arrière-plan de cette transformation tendancieuse d’un fait divers en « affaire scandaleuse », il faut maintenir en permanence trois principes de base :

  • premièrement paraître de bonne foi, ne pas laisser apercevoir le procédé,
  • deuxièmement parler au nom du bon sens, « chose du monde la mieux partagée », de façon à être lu et approuvé par la masse des lecteurs,
  • troisièmement en appeler toujours à la justice et à la liberté, de façon à provoquer l’indignation du bon public contre l’autorité, ses ministres et ses fonctionnaires.

Là encore le parallèle avec certains journaux actuels est frappant.

Appliquant lui-même avec génie les procédés qu’il a formulés, Paul-Louis Courier écrit de très nombreux pamphlets, surtout entre 1820 et 1824, contre la cour et contre le pouvoir, qui s’appuie essentiellement sur la police. Le but est de déconsidérer devant l’opinion le système politique en place (en l’occurrence la Restauration).

En 1821, il utilise même son procès en cour d’assises (qui lui valut deux mois de prison et 200 F d’amende pour un précédent pamphlet contre une souscription ordonnée par le ministre de l’Intérieur) pour transformer son banc d’accusé en tribune (procédé que nous retrouverons dans les temps actuels), puis pour écrire un nouveau pamphlet Procès de Paul-Louis Courier.

La nuisance du pamphlet décuplée par les médias modernes

Les procédés de Voltaire et de Courier allaient trouver avec l’avènement de la presse à grand tirage et des moyens de communication de masse une portée et une efficacité multipliées et restent un des moyens de la subversion moderne ; nous aurons à en reparler. Mais d’autres dimensions se développent par ailleurs : par la voie de la propagande politique et par la voie des méthodes de guerre.

[1M.Mégret, La guerre psychologique, P.U.F., coll. Que sais-je ? , 1963, p. 10.

[2Au sens propre, puisqu’Antoine exposa la tête de Cicéron sur la Tribune aux harangues.

[3On sait que ce mot anglais vient lui-même du français paume-feuillet, petite feuille de papier que l’on peut tenir dans la main. Lucien et Ménippe avaient déjà illustré le genre dans la Grèce antique.

[4D.Mornet, Les origines intellectuelles de la révolution française, Armand Colin, 1933, 6e éd., 1967, p.78.

[5D.Mornet, op. cit., pp.97-99.

[6D.Mornet, op. cit., pp.141 et 268.

[7C’est-à-dire le tribunal qui avait jugé l’affaire et condamné au supplice, en mars 1762, le père Calas, accusé d’avoir assassiné son fils de 30 ans (qui en fait s’était suicidé pour d’autres raisons) pour l’empêcher de se convertir au catholicisme.

[8D.Mornet, op. cit., pp.273-274.

[9Il s’agit du livre antireligieux de l’encyclopédiste d’Holbach.

[10D.Mornet, op. cit., p.335.


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