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Vive le Roy
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Nature de la soumission au roi

D’après Tocqueville (1856)
vendredi 23 mai 2008 par MabBlavet Enregistrer au format PDF

Quand la soumission au roi rend plus libre que l’obéissance servile à un pouvoir illégitime ou contesté.

Enseignement de Louis XIV au Dauphin

Et à vous dire la vérité, mon fils, nous ne manquons pas seulement de reconnaissance et de justice, mais de prudence et de bon sens, quand nous manquons de vénération pour Celui dont nous ne sommes que les lieutenants. Notre soumission pour Lui est la règle et l’exemple de celle qui nous est due. Les armées, les conseils, toute l’industrie humaine seraient de faibles moyens pour nous maintenir sur le trône, si chacun y croyait avoir même droit que nous, et ne révérait pas une puissance supérieure, dont la nôtre est une partie. Les respects publics que nous rendons à cette puissance invisible pourraient enfin être nommés justement la première et la plus importante partie de notre politique, s’ils ne devaient avoir un motif plus noble et plus désintéressé. Gardez-vous bien, mon fils, je vous en conjure, de n’avoir dans la religion que cette vue d’intérêt, très mauvaise quand elle est seule, mais qui d’ailleurs ne vous réussirait pas, parce que l’artifice se dément toujours, et ne produit pas longtemps les mêmes effets que la vérité. Tout ce que nous avons d’avantages sur les autres hommes dans la place que nous tenons sont sans doute autant de nouveaux titres de sujétion pour Celui qui nous les a donnés. Mais à son égard l’extérieur sans l’intérieur n’est rien du tout, et sert plutôt à L’offenser qu’à Lui plaire. Jugez-en par vous-même, mon fils, si jamais vous vous trouvez, comme il est difficile que cela n’arrive quelquefois dans le cours de votre vie, en l’état qui est si ordinaire aux rois, et où je me suis vu si souvent : mes sujets rebelles, lorsqu’ils ont eu l’audace de prendre les armes contre moi, m’ont donné peut être moins d’indignation que ceux qui, en même temps, se tenant auprès de ma personne, me rendaient plus de devoirs et plus d’assiduité que tous les autres, pendant que je fusse bien informé qu’ils me trahissaient et n’avaient pour moi ni véritable respect, ni véritable affection dans le cœur.

Louis XIV, Mémoires pour l’instruction du dauphin, année 1661, livre second, deuxième section.

Remarque de Tocqueville sur l’obéissance libre

Tocqueville est bien connu pour ses idées libérales mais cet esprit pénétrant a produit de remarquables analyses.

Il faut bien se garder, d’ailleurs, d’évaluer la bassesse des hommes par le degré de leur soumission envers le souverain pouvoir : ce serait se servir d’une fausse mesure.

Quelque soumis que fussent les hommes de l’ancien régime aux volontés du roi, il y avait une sorte d’obéissance qui leur était inconnue : ils ne savaient pas ce que c’était que se plier sous un pouvoir illégitime ou contesté, qu’on honore peu, que souvent on méprise, mais qu’on subit volontiers parce qu’il sert ou peut nuire. Cette forme dégradante de la servitude leur fut toujours étrangère.

Le roi leur inspirait des sentiments qu’aucun des princes les plus absolus qui ont paru depuis dans le monde n’a pu faire naître, et qui sont même devenus pour nous presque incompréhensibles, tant la Révolution en a extirpé de nos cœurs jusqu’à la racine. Ils avaient pour lui tout à la fois la tendresse qu’on a pour un père et le respect qu’on ne doit qu’à Dieu.

En se soumettant à ses commandements les plus arbitraires, ils cédaient moins encore à la contrainte qu’à l’amour, et il leur arrivait souvent ainsi de conserver leur âme très libre jusque dans la plus extrême dépendance.

Pour eux, le plus grand mal de l’obéissance était la contrainte ; pour nous, c’est le moindre. Le pire est dans le sentiment servile qui fait obéir.

Ne méprisons pas nos pères, nous n’en avons pas le droit. Plût à Dieu que nous pussions retrouver, avec leurs préjugés et leurs défauts, un peu de leur grandeur ! On aurait donc bien tort de croire que l’ancien régime fut un temps de servilité et de dépendance.

L’Ancien régime et la Révolution, Livre 2, Chap. IX

N’est ce donc pas sur le mode servile que nous nous exécutons maintenant :

  • quand il faut obéir aux lois iniques d’un gouvernement asservi aux groupes de pression (idéologiques et financiers), et qui ne représente jamais que la petite partie de la population qui s’est laissée bernée par sa propagande.
  • quand il faut obéir au gouvernement anonyme et technocratique de Bruxelles ?

Ce type de gouvernement peut-il se faire aimer pour obtenir une obéissance non servile ?


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